Amendement n° 1911 — APRÈS L'ARTICLE 25, insérer l'article suivant:
Dispositif
Les établissements de santé qui prennent en charge des femmes et des filles victimes de mutilations sexuelles mettent en œuvre un protocole de prise en charge de la douleur défini par la Haute Autorité de santé. Ce protocole s’applique avant, pendant et après tout acte de soin, chirurgical ou non.
Exposé sommaire
Cet amendement du groupe parlementaire de La France insoumise vise à imposer, dans tous les établissements de santé qui prennent en charge des femmes et des filles victimes de mutilations sexuelles, un protocole de prise en charge de la douleur défini par la Haute Autorité de santé et applicable avant, pendant et après tout acte de soin.
Les femmes racisées subissent dans le soin le préjugé d’une plus grande tolérance à la douleur, hérité de représentations coloniales. Ce préjugé conduit à minimiser leurs plaintes, à retarder les diagnostics et à sous-traiter leur douleur. Les victimes de mutilations sexuelles y sont particulièrement exposées. Leurs douleurs chroniques sont banalisées, et certaines subissent des actes chirurgicaux ou gynécologiques sans antalgie suffisante, ce qui ravive le traumatisme initial.
L’enseignement des mutilations sexuelles est prévu dans les études de médecine depuis 2006, mais seules quatre facultés l’appliqueraient selon les associations. Dans l’attente d’une formation effective de tous les soignants, cet amendement impose un protocole douleur, pour que la prise en charge de ces femmes ne dépende plus des préjugés de ceux qui les soignent.