Amendement (sans numéro) — ARTICLE LIMINAIRE
Dispositif
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« Les prévisions de solde structurel et de solde effectif de l’ensemble des administrations publiques, les prévisions de solde par sous-secteur, la prévision, déclinée par sous-secteur d’administration publique, de l’objectif d’évolution en volume et la prévision en milliards d’euros courants des dépenses d’administrations publiques, les prévisions de prélèvements obligatoires, de dépenses et d’endettement de l’ensemble des administrations pour l’année 2027, les prévisions pour 2027 de ces mêmes agrégats de la loi n° 2023‑1195 du 18 décembre 2023 de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027, ainsi que les données d’exécution pour l’année 2025 et les prévisions d’exécution pour l’année 2026 de ces mêmes agrégats, s’établissent comme suit :
En % du produit intérieur brut (PIB) sauf mention contraire | 2025 | 2026 | 2027 | 2027 |
Projet de loi de finances pour 2027 | LPFP 2023‑2027 | |||
Ensemble des administrations publiques | ||||
Solde structurel (1) (en points de PIB potentiel) | ‑5,2 | – 5,2 | – 5,5 | ‑2,7 |
Solde conjoncturel (2) | 0,1 | – 0,3 | – 0,4 | 0,0 |
Solde des mesures ponctuelles et temporaires (3) (en points de PIB potentiel) | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
Solde effectif (1 + 2 + 3) | ‑5,1 | – 5,5 | – 5,9 | ‑2,7 |
Dette au sens de Maastricht | 115,7 | 119,4 | 122,6 | 108,1 |
Taux de prélèvements obligatoires (y.c UE, nets des CI) | 43,6 | 43,9 | 43,7 | 44,4 |
Dépense publique (hors CI) | 56,6 | 57,1 | 57,1 | 53,8 |
Dépense publique (hors CI, en Md€) | 1 694 | 1742 | 1791 | 1 744 |
Évolution de la dépense publique hors CI en volume ( %) 1 | 1,6 | 0,7 | 1,1 | 0,5 |
Principales dépenses d’investissement (en Md€) 2 | 26 | 34 | 38 | 36 |
Administrations publiques centrales | ||||
Solde | ‑4,4 | – 4,9 | – 5,8 | ‑4,1 |
Dépense publique (hors CI, en Md€) | 661 | 689 | 712 | 696 |
Évolution de la dépense publique hors CI en volume ( %) 3 | 0,9 | 2,6 | 2,0 | 1,2 |
Administrations publiques locales | ||||
Solde | ‑0,5 | – 0,4 | – 0,3 | 0,4 |
Dépense publique (hors CI, en Md€) | 335 | 337 | 347 | 331 |
Évolution de la dépense publique hors CI en volume ( %) 3 | 1,0 | – 1,6 | 1,1 | ‑1,0 |
Administrations de sécurité sociale | ||||
Solde | ‑0,2 | – 0,1 | 0,1 | 1,0 |
Dépense publique (hors CI, en Md€) | 803 | 822 | 840 | 817 |
Évolution de la dépense publique hors CI en volume ( %) 3 | 2,4 | 0,3 | 0,4 | 0,6 |
Les prévisions relatives à la loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2023 à 2027 en comptabilité nationale, antérieures au changement de base des comptes nationaux français, étaient relatives à la base antérieure des comptes nationaux, la base 2014. Le passage des comptes nationaux en base 2020, opéré par l’Insee sous le contrôle d’Eurostat, a significativement affecté les ratios de finances publiques et la comparabilité des exercices. La sortie de l’Établissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP), structurellement excédentaire, du champ des administrations publiques a conduit à une dégradation du déficit public d’environ 2,6 Md€ en 2023. Par ailleurs, des changements méthodologiques affectant significativement les ratios de finances publiques ont entraîné un niveau nettement plus élevé des dépenses publiques et des recettes hors prélèvements obligatoires sans impact sur le solde.
Deux principaux effets expliquent cette augmentation : (a) l’intégration du compte complet de SNCF Réseau (dont seul le solde était retracé précédemment) pour 10 Md€ environ de hausse des recettes hors prélèvements obligatoires et des dépenses en 2023 et (b) un nouveau traitement des corrections liées à la recherche et développement pour 4 Md€ environ de hausse des recettes hors prélèvements obligatoires et des dépenses. Ainsi, s’agissant tout particulièrement de la dépense, les effets du changement de base contribuent largement aux écarts importants sur le montant en milliards d’euros et sur la part dans le PIB de la dépense publique.
Le scénario potentiel retenu dans ce projet de loi de finances a évolué depuis la loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2023 à 2027 afin de tirer les conséquences des révisions de la chronique de PIB opérées par l’Insee depuis l’adoption de la LPFP. La croissance du PIB ayant été revue à la hausse sur les années antérieures à 2024, le diagnostic sur la capacité de rebond de l’économie française sur la suite de la période a été révisé. Par ailleurs, la croissance potentielle est désormais estimée à 1,20 % par an en 2025, et 2026 et 2027, contre 1,35 % chaque année dans la LPFP.
1 A champ constant.
2 Au sens du rapport annexé au projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027.
3 A champ constant, hors transferts entre administrations publiques. »
Exposé sommaire
Cet amendement met à jour les prévisions sous-jacentes au projet de loi de finances pour 2027 concernant le solde public et les grands agrégats de finances publiques présentés dans l’article liminaire, afin de tirer les conséquences des amendements adoptés sur la partie recettes à l’Assemblée nationale en première lecture.
Pour 2026, la prévision de solde public s’élèverait à -5,5 % du PIB si le texte était adopté en l’état, du fait de l’enregistrement en comptabilité nationale des amendements n°363 et n°1029 transformant la réduction d’impôt dépendance et la niche Coluche en crédits d’impôts, qui sont rattachés à l’année où la somme a été versée.
Pour 2027, la prévision de solde public s’établirait à -5,9 % du PIB si le texte était adopté en l’état, en dégradation de 0,9 point de PIB par rapport au texte déposé par le Gouvernement, qui résulte notamment d’une baisse des prélèvements obligatoires pour près de 16 Md€. Cela reflète l’adoption des amendements visant à supprimer la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, à rétablir certains dispositifs fiscaux et sociaux dérogatoires dont le recentrage avait été proposé dans le texte initial (notamment, le plafonnement de l’abattement pour frais professionnels sur les pensions de retraites et la fiscalisation des indemnités journalières maladie et AT-MP), ainsi qu’à abaisser les taux de TVA applicables à certains biens et services (notamment sur les livraisons d’électricité et les prestations de réparation). Ces baisses de recettes sont partiellement compensées par l’adoption des amendements visant à introduire un droit d’enregistrement sur la valeur d’acquisition des titres annulés pour les sociétés cotées, ainsi qu’à modifier les paramètres de la taxe sur les transactions financières (TTF). Enfin, plusieurs amendements adoptés sur la partie recettes ont acté de nouveaux transferts vers les collectivités territoriales et rejeté les mesures d’économies proposées sur la sphère locale, comme la contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB) et la réforme du FCTVA, venant dégrader le solde toutes administrations publiques à hauteur de 8 Md€.
Les amendements s’inscrivant en contrariété au droit européen, aux conventions fiscales internationales entre États et à la jurisprudence du Conseil constitutionnel ne sont pas retenus dans les prévisions sous-jacentes à l’article liminaire, en particulier les amendements n°3945, n°3944, n°286, n°287 et n°302.