577députés 17ᵉ législature

amendement seance Rejeté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58

Auteur : François Piquemal — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Haute-Garonne · 4ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2027
Article : ARTICLE 58
Date de dépôt : 2026-10-21
Date de sort : 2026-10-23

Dispositif

Dispositif non disponible dans la source.

Exposé sommaire

Cet amendement vise à créer plus de 6 000 places d’hébergement d’urgence et à renforcer l’accompagnement des familles hébergées à l’hôtel, alors que le parc, maintenu depuis 2023 à 203 000 places, ne permet plus de répondre aux demandes.

La hausse des crédits du programme 177 va dans le bon sens. Elle doit, selon le Gouvernement, « crédibiliser le financement du maintien du parc d’hébergement ». Néanmoins, elle ne fait que rattraper une sous-budgétisation chronique, relevée par la Cour des comptes et par la revue de dépenses conduite en 2025 par l’IGF, l’IGAS et l’IGA : en 2025, 3 132 millions d’euros de crédits de paiement ont été consommés, pour 2 962 millions votés en loi de finances initiale. Elle ne crée aucune place nouvelle.

Or, les besoins augmentent. Dans la nuit du 18 au 19 août 2026, 6 840 personnes, dont 2 355 enfants parmi lesquels 514 de moins de trois ans, sont restées sans solution après un appel au 115 (baromètre UNICEF France-Fédération des acteurs de la solidarité). Le nombre d’enfants concernés a augmenté de 9 % en un an et de 42 % depuis 2022. Ces chiffres sous-estiment les besoins réels, puisqu’ils ne tiennent compte ni des appels restés sans réponse, ni des personnes qui, découragées, ne sollicitent plus le 115.

Faute de places adaptées, le recours aux nuitées hôtelières reste massif ; en août 2026, près de 27 000 enfants y étaient hébergés. L’accompagnement y est très insuffisant, avec en moyenne 70 personnes par intervenant social, contre 24 en centre d’hébergement d’urgence. Le Pacte des solidarités prévoyait la création de 114 postes de coordination et d’intervention sociale pour accompagner les familles hébergées à l’hôtel ; seuls 24 sont aujourd’hui financés.

Cet amendement majore donc de 70 millions d’euros, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, l’action 12 « Hébergement et logement adapté » du programme 177 « Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables ». Ces crédits doivent permettre 1) d’ouvrir plus de 6 000 places en centres d’hébergement d’urgence, pour un coût moyen de 10 672 euros par place et par an, soit 65,5 millions d’euros ; 2) de financer les 90 postes d’accompagnement des familles à l’hôtel prévus par le Pacte des solidarités et non encore créés, soit 4,5 millions d’euros.

Ce montant est comparable au produit attendu de la taxe de 1 euro par nuitée dans les hôtels quatre et cinq étoiles proposée par notre groupe en première partie du présent projet de loi de finances.

Afin d’assurer la recevabilité financière de l’amendement, ces crédits sont prélevés sur l’action 01 « Aides personnelles » du programme 109 « Aide à l’accès au logement ». Ce mouvement est purement formel et il est demandé au Gouvernement de lever ce gage.