Amendement (sans numéro) — ARTICLE 49
Dispositif
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Exposé sommaire
Cet amendement vise à engager la création d’un musée national dédié à l’histoire des colonisations.
Sur l’ensemble des musées que compte la France sur son territoire, aucun n’aborde de façon exclusive l’histoire des colonisations, pourtant essentielle car partie intégrante de l’histoire de notre pays.
Cette dernière reste un sujet tabou au cœur de notre République. Pourtant les colonisations ne sont pas un chapitre clos de l’histoire. Si les colonisations ont séparé elles demeurent nos histoires communes. Ainsi, nous avons besoin de faire face à notre passé, de le connaître et de le comprendre, pour mieux construire l’avenir de notre nation.
La création d’un musée national de l’Histoire de la colonisation, contribuerait à une meilleure connaissance et compréhension de notre passé. Cet exercice mémoriel est capital pour comprendre comment la France s’est construite, y compris à travers les épisodes récents de la décolonisation, et d’analyser la relation entre ce contexte historique et le racisme présent dans notre société.
Ce musée serait un pas historique appelé par nombre d’historien·nes, de chercheur·euses, d’universitaires, de spécialistes sur les questions de la colonisation et de ses conséquences. Nous nous inscrivons pleinement dans cette volonté pour demander un tel lieu de savoir et de culture, comme il en existe déjà chez nos voisins, ex-puissances coloniales : en Angleterre, en Belgique, en Allemagne.
La création de ce lieu d’Histoire est également défendu par des femmes et des hommes politiques élu·es de la Nation. En effet, cet amendement est tiré de la recommandation n°6 du rapport d’information fait au nom de la mission d’information sur l’émergence et l’évolution des différentes formes de racisme et les réponses à y apporter, de Caroline Abadie et Robin Reda.
La France doit continuer de remplir son devoir de mémoire et de réparation. C’est en ce sens que Jacques Chirac, en 1999, a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est en ce sens qu’a été promulgué en 2001, la Loi Taubira sur la reconnaissance de la traite négrière transatlantique et l’esclavage comme crimes contre l’Humanité. C’est en ce sens qu’en 2012, François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans le massacre d’algérien·es pendant la période coloniale. C’est en ce sens qu’a été inauguré, en 2012, le mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes ou encore la Fondation pour la mémoire de l’esclavage en 2019. C’est en ce sens que le Président Macron a demandé, en 2020, une commission sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie.
Il est urgent désormais de construire en France ce lieu d’Histoire, de savoir, de pédagogie, de transmission, de culture et de débat. C’est une condition impérieuse pour que nous vivions ensemble de manière sereine et apaisée. L’éducation civique ne pourra porter tous ses fruits que si elle s’accompagne d’une réécriture scientifique du récit national.
L’action 01 Monuments historiques et patrimoine monumental du programme 175 Patrimoines est abondée de 50 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. Ces crédits sont prélevés sur l’action 07 Fonctions de soutien du ministère du programme 224 Soutien aux politiques du ministère de la culture.