Hébergement des données de santé par Microsoft
Auteur :
Emmanuel Maurel
— Gauche Démocrate et Républicaine
(Val-d'Oise · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’intelligence artificielle et du numérique
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’intelligence artificielle et du numérique
Rubrique : numérique
Date de la question : —
Date de la réponse : 2025-04-09
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
HÉBERGEMENT DES DONNÉES DE SANTÉ PAR MICROSOFT
Mme la présidente . La parole est à M. Emmanuel Maurel.
M. Emmanuel Maurel . Ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie, qui est aussi ministre de la souveraineté numérique. Le 11 mars dernier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés a donné son feu vert au programme européen de recherche Darwin EU, qui prévoit le transfert des données de santé de 10 millions de Français, qui seront hébergées par l'entreprise américaine Microsoft.
À l’heure où même la Commission européenne envisage des mesures de rétorsion commerciale à l’encontre des entreprises américaines du numérique, comment peut-on confier des informations aussi sensibles à Microsoft ?
Je rappelle qu’en vertu du Cloud Act, voté sous le premier mandat de M. Trump, le gouvernement américain s'autorise à accéder aux informations confidentielles de ses entreprises nationales, au nom de la sécurité.
Il y a fort à parier que M. Trump va user et abuser de ce droit extraterritorial. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – MM. Alexis Corbière et René Pilato applaudissent aussi.)
M. Alexis Corbière . Exactement !
M. Emmanuel Maurel . Nous ne pouvons pas rester les bras ballants, à le déplorer. Il faut agir. Or le gouvernement ne fait pas grand-chose. Nous attendons toujours les décrets d'application de la loi visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Surtout, les entreprises françaises d'hébergement de données attendent impatiemment un texte qui brise le monopole des entreprises de la Big Tech pour les appels d'offres.
Ma question est claire : pouvez-vous prendre l'engagement devant la représentation nationale que vous n'allez pas laisser faire cela et que vous allez privilégier une solution européenne, voire française, plutôt que de compromettre nos intérêts nationaux ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR – MM. Alexis Corbière, Jérémie Iordanoff et René Pilato applaudissent aussi.)
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique . Avant de répondre à votre question, permettez-moi de rappeler le cadre global : il n'y a pas, en France, de données sensibles hébergées sur des serveurs non sécurisés.
M. Stéphane Peu. Ce n'est pas vrai !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée . C'est un choix très ambitieux, c'est un choix politique…
M. Alexis Corbière . Ce n'est pas la question qui a été posée !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée . Laissez-moi m'expliquer, s'il vous plaît. C'est un choix politique que nous assumons : avec la loi SREN, nous avons fait le choix, et nous continuons de le défendre au niveau européen, d'avoir un niveau de sécurisation maximal pour les hébergeurs sur lesquels nous mettons nos données sensibles.
Mme Ségolène Amiot . C'est totalement faux !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée . Vous m'interpellez au sujet du Health Data Hub. C'est une question sur laquelle nous devons nous montrer très vigilants…
Mme Ségolène Amiot . Mensonge !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée . …et je vous remercie de m'interroger sur ce sujet, comme je remercie tous les parlementaires qui ont déjà soulevé cette question, car je tiens à votre exigence.
Le projet du Health Data Hub s'appuie sur un trésor inestimable : nos données de santé publiques. À l'heure de l'intelligence artificielle, pouvoir accélérer notre recherche grâce à ces données est une force phénoménale pour notre pays. Mais vous avez raison : les données du système national des données de santé ne sont pas dans le Health Data Hub, parce que celui-ci n'a pas d'hébergeur ultrasécurisé, et c'est un problème.
Cela ne me satisfait pas et nous devons accélérer les choses. Pour certains projets de recherche – vous en avez évoqué quelques-uns –, il est possible, avec l'autorisation de la Cnil, d'accéder à des données de recherche qui y sont hébergées de façon temporaire. Ce n'est pas satisfaisant et nous allons, avec le ministre de la santé, lancer un appel d'offres pour faire migrer le Health Data Hub sur un hébergeur sécurisé. Mais nous allons surtout poursuivre notre politique d'innovation – et nous aurons l'occasion de le rappeler avec le premier ministre dans quelques jours –, car la question que vous posez concerne notre souveraineté numérique et notre autonomie stratégique.
Mme la présidente . Merci de conclure, madame la ministre.
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée . Or la réponse à ces défis ne peut être que l'innovation et le soutien à nos offres françaises.
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2025-04-09 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
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Protection de l’enfance
Mme Isabelle Santiago · Mme Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles
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Droits de douane
Mme Marie-Christine Dalloz · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
-
Réseau Envie
M. Tristan Lahais · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche · M. Tristan Lahais
-
Réponses européennes à la hausse des droits de douane des États-Unis
Mme Marina Ferrari · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
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Destin de la Polynésie française
Mme Nicole Sanquer · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
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Conséquences de la hausse des droits de douane
M. Xavier Roseren · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
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Application de la Charte sociale européenne dans les outre-mer
M. Marcellin Nadeau · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
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Dépense publique
M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics · M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre
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Déserts médicaux
Mme Sophie-Laurence Roy · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
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Extraction de sable marin en Vendée
M. Stéphane Buchou · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
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Pollution aux PFAS
M. Gabriel Amard · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
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Trump va user et abuser de ce droit extraterritorial. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – MM. Alexis Corbière et René Pilato applaudissent aussi.)</i><br><br><strong>M. Alexis Corbière .</strong> Exactement !<br><br><strong>M. Emmanuel Maurel . </strong>Nous ne pouvons pas rester les bras ballants, à le déplorer. Il faut agir. Or le gouvernement ne fait pas grand-chose. Nous attendons toujours les décrets d'application de la loi visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Surtout, les entreprises françaises d'hébergement de données attendent impatiemment un texte qui brise le monopole des entreprises de la Big Tech pour les appels d'offres.<br><br>Ma question est claire : pouvez-vous prendre l'engagement devant la représentation nationale que vous n'allez pas laisser faire cela et que vous allez privilégier une solution européenne, voire française, plutôt que de compromettre nos intérêts nationaux ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR – MM. Alexis Corbière, Jérémie Iordanoff et René Pilato applaudissent aussi.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique . </i>Avant de répondre à votre question, permettez-moi de rappeler le cadre global : il n'y a pas, en France, de données sensibles hébergées sur des serveurs non sécurisés.<br><br><strong>M. Stéphane Peu.</strong> Ce n'est pas vrai !<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée . </i>C'est un choix très ambitieux, c'est un choix politique…<br><br><strong>M. Alexis Corbière .</strong> Ce n'est pas la question qui a été posée !<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée . </i>Laissez-moi m'expliquer, s'il vous plaît. C'est un choix politique que nous assumons : avec la loi SREN, nous avons fait le choix, et nous continuons de le défendre au niveau européen, d'avoir un niveau de sécurisation maximal pour les hébergeurs sur lesquels nous mettons nos données sensibles.<br><br><strong>Mme Ségolène Amiot .</strong> C'est totalement faux !<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée . </i>Vous m'interpellez au sujet du Health Data Hub. C'est une question sur laquelle nous devons nous montrer très vigilants…<br><br><strong>Mme Ségolène Amiot .</strong> Mensonge !<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée . </i>…et je vous remercie de m'interroger sur ce sujet, comme je remercie tous les parlementaires qui ont déjà soulevé cette question, car je tiens à votre exigence.<br><br>Le projet du Health Data Hub s'appuie sur un trésor inestimable : nos données de santé publiques. À l'heure de l'intelligence artificielle, pouvoir accélérer notre recherche grâce à ces données est une force phénoménale pour notre pays. Mais vous avez raison : les données du système national des données de santé ne sont pas dans le Health Data Hub, parce que celui-ci n'a pas d'hébergeur ultrasécurisé, et c'est un problème.<br><br>Cela ne me satisfait pas et nous devons accélérer les choses. Pour certains projets de recherche – vous en avez évoqué quelques-uns –, il est possible, avec l'autorisation de la Cnil, d'accéder à des données de recherche qui y sont hébergées de façon temporaire. Ce n'est pas satisfaisant et nous allons, avec le ministre de la santé, lancer un appel d'offres pour faire migrer le Health Data Hub sur un hébergeur sécurisé. Mais nous allons surtout poursuivre notre politique d'innovation – et nous aurons l'occasion de le rappeler avec le premier ministre dans quelques jours –, car la question que vous posez concerne notre souveraineté numérique et notre autonomie stratégique.<br><br><strong>Mme la présidente .</strong> Merci de conclure, madame la ministre.<br><br><strong>Mme Clara Chappaz,</strong><i> ministre déléguée . </i>Or la réponse à ces défis ne peut être que l'innovation et le soutien à nos offres françaises.<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-04-09", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-04-09", "pageJO": "3496", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}