Formation des enseignants
Auteur :
Laurent Croizier
— Les Démocrates
(Doubs · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche
Ministère attributaire : Ministère auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche
Rubrique : formation professionnelle et apprentissage
Date de la question : —
Date de la réponse : 2025-04-09
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
Mme la présidente . La parole est à M. Laurent Croizier.
M. Laurent Croizier . Ma question s'adresse à madame la ministre de l'éducation nationale. Longtemps perçu comme une vocation, le métier d'enseignant attire de moins en moins de candidats. Le faible niveau de rémunération, eu égard au niveau d'étude et aux responsabilités, ainsi que l'absence de reconnaissance sociale et morale, parfois même institutionnelle, participent au manque d'attractivité du métier d'enseignant.
Plusieurs députés du groupe RN . C'est votre bilan !
M. Laurent Croizier . C'est pourtant l'un des plus beaux métiers du monde. La chute des inscriptions aux concours témoigne d'une crise structurelle. En vingt-cinq ans, le nombre d'inscriptions au Capes s'est effondré de près de trois quarts.
Mme Caroline Parmentier . La faute au « pas de vagues » !
M. Laurent Croizier . Plus de 3 000 postes sont restés non pourvus aux concours en 2024. Le manque de professeurs est devenu systémique et l'enseignant que je suis ne peut s'y résoudre.
M. Laurent Jacobelli . Et hop, une conférence !
M. Laurent Croizier . Le groupe Les Démocrates se réjouit que le premier ministre François Bayrou ait placé l'école, la transmission des savoirs et la formation des enseignants au premier rang des priorités du gouvernement.
Mme Caroline Parmentier . Tu parles !
M. Laurent Croizier . Il est urgent d'élever le niveau de l'école et de répondre à la crise d'attractivité du métier d'enseignant. Nous saluons les récentes annonces de Mme la ministre de l'éducation nationale, qui vont dans le sens des propositions portées par notre groupe.
Nous faisons un constat identique concernant le positionnement du concours d'enseignant à bac + 5. La mastérisation a considérablement réduit le nombre de candidats aux concours. De plus, elle a éloigné la formation des réalités du terrain.
Nous sommes convaincus qu'on n'apprend à devenir enseignant ni dans un amphithéâtre ni à l'université, mais dans les écoles, dans les classes, au contact des élèves et des professeurs expérimentés. Nous avons besoin d'enseignants qui soient en confiance, bien formés et mieux accompagnés,…
Mme Caroline Parmentier . Et protégés !
M. Laurent Croizier . …pour bâtir une école de la réussite.
Pouvez-vous décliner votre plan d'action pour rendre le métier d'enseignant plus attractif, mieux préparer les futurs professeurs des écoles, conserver une diversité de profils et élever le niveau de l'école ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.
M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche . Nous constatons que le positionnement du concours à bac + 5 a considérablement réduit le vivier de candidats : nous en avons perdu 45 % au concours de professeurs des écoles. Sur 16 000 postes ouverts, près de 3 000 sont restés vacants en 2024. Parallèlement, le niveau des élèves reste préoccupant.
Les évaluations Pisa et Timss le confirment : en compréhension écrite, la part des élèves en difficulté est passée de 15 à 25 %, tandis qu'en mathématiques, la France est dernière de l'OCDE au CM1 et avant-dernière en classe de quatrième.
M. Thierry Tesson . Sept ans de pouvoir !
M. Philippe Baptiste, ministre . C'est pourquoi, avec le premier ministre François Bayrou et la ministre d'État Élisabeth Borne, nous avons lancé une réforme d'ampleur de la formation et du recrutement des enseignants. Cette réforme repose sur trois piliers simples. Le premier est l'ouverture d'une licence dédiée au professorat des écoles, accessible dès le baccalauréat, à la rentrée 2026, avec une exigence forte sur les savoirs fondamentaux.
Le deuxième est le repositionnement du concours à bac + 3, afin d'élargir le vivier des candidats. Le troisième pilier consiste en deux années de master rémunérées, en alternance. Les étudiants seront élèves fonctionnaires et s'engageront à servir l'éducation nationale pendant au moins quatre ans.
Mme Émilie Bonnivard . Rendez-nous Patrick Hetzel ! (Sourires.)
M. Philippe Baptiste, ministre . Pour cela, nous avons mené une concertation avec les syndicats sur les parcours professionnels, la formation continue et la reconnaissance en milieu de carrière. Ces mesures me semblent être à la hauteur de l'enjeu, qui est simple : pouvoir donner une chance à tous les élèves de la République, partout sur le territoire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2025-04-09 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
-
Protection de l’enfance
Mme Isabelle Santiago · Mme Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles
-
Droits de douane
Mme Marie-Christine Dalloz · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
-
Réseau Envie
M. Tristan Lahais · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche · M. Tristan Lahais
-
Réponses européennes à la hausse des droits de douane des États-Unis
Mme Marina Ferrari · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
-
Destin de la Polynésie française
Mme Nicole Sanquer · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
-
Conséquences de la hausse des droits de douane
M. Xavier Roseren · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
-
Application de la Charte sociale européenne dans les outre-mer
M. Marcellin Nadeau · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
-
Dépense publique
M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics · M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre
-
Déserts médicaux
Mme Sophie-Laurence Roy · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
-
Extraction de sable marin en Vendée
M. Stéphane Buchou · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
-
Pollution aux PFAS
M. Gabriel Amard · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Données brutes (debug)
{"question": {"@xmlns": "http://schemas.assemblee-nationale.fr/referentiel", "@xmlns:xsi": "http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance", "@xsi:type": "QuestionGouvernement_Type", "uid": "QANR5L17QG583", "identifiant": {"numero": "583", "regime": "5eme Republique", "legislature": "17"}, "type": "QG", "indexationAN": {"rubrique": "formation professionnelle et apprentissage", "teteAnalyse": null, "analyses": {"analyse": "Formation des enseignants"}}, "auteur": {"identite": {"acteurRef": "PA793716", "mandatRef": "PM842528"}, "groupe": {"organeRef": "PO845454", "abrege": "DEM", "developpe": "Les Démocrates"}}, "minInt": {"organeRef": "PO855053", "abrege": "Enseignement supérieur et recherche (MD)", "developpe": "Ministère auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche"}, "minAttribs": {"minAttrib": {"infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-04-09", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "denomination": {"organeRef": "PO855053", "abrege": "Enseignement supérieur et recherche (MD)", "developpe": "Ministère auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche"}}}, "textesQuestion": null, "textesReponse": {"texteReponse": {"infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-04-09", "pageJO": "3494", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "texte": "</p><p align=\"CENTER\"> FORMATION DES ENSEIGNANTS <a name=PG12></a> </p><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. Laurent Croizier.<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>Ma question s'adresse à madame la ministre de l'éducation nationale. Longtemps perçu comme une vocation, le métier d'enseignant attire de moins en moins de candidats. Le faible niveau de rémunération, eu égard au niveau d'étude et aux responsabilités, ainsi que l'absence de reconnaissance sociale et morale, parfois même institutionnelle, participent au manque d'attractivité du métier d'enseignant.<br><br><strong>Plusieurs députés du groupe RN .</strong> C'est votre bilan !<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>C'est pourtant l'un des plus beaux métiers du monde. La chute des inscriptions aux concours témoigne d'une crise structurelle. En vingt-cinq ans, le nombre d'inscriptions au Capes s'est effondré de près de trois quarts.<br><br><strong>Mme Caroline Parmentier .</strong> La faute au « pas de vagues » !<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>Plus de 3 000 postes sont restés non pourvus aux concours en 2024. Le manque de professeurs est devenu systémique et l'enseignant que je suis ne peut s'y résoudre.<br><br><strong>M. Laurent Jacobelli .</strong> Et hop, une conférence !<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>Le groupe Les Démocrates se réjouit que le premier ministre François Bayrou ait placé l'école, la transmission des savoirs et la formation des enseignants au premier rang des priorités du gouvernement.<br><br><strong>Mme Caroline Parmentier .</strong> Tu parles !<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>Il est urgent d'élever le niveau de l'école et de répondre à la crise d'attractivité du métier d'enseignant. Nous saluons les récentes annonces de Mme la ministre de l'éducation nationale, qui vont dans le sens des propositions portées par notre groupe.<br><br>Nous faisons un constat identique concernant le positionnement du concours d'enseignant à bac + 5. La mastérisation a considérablement réduit le nombre de candidats aux concours. De plus, elle a éloigné la formation des réalités du terrain.<br><br>Nous sommes convaincus qu'on n'apprend à devenir enseignant ni dans un amphithéâtre ni à l'université, mais dans les écoles, dans les classes, au contact des élèves et des professeurs expérimentés. Nous avons besoin d'enseignants qui soient en confiance, bien formés et mieux accompagnés,…<br><br><strong>Mme Caroline Parmentier .</strong> Et protégés !<br><br><strong>M. Laurent Croizier . </strong>…pour bâtir une école de la réussite.<br><br>Pouvez-vous décliner votre plan d'action pour rendre le métier d'enseignant plus attractif, mieux préparer les futurs professeurs des écoles, conserver une diversité de profils et élever le niveau de l'école ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.<br><br><strong>M. Philippe Baptiste,</strong><i> ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche . </i>Nous constatons que le positionnement du concours à bac + 5 a considérablement réduit le vivier de candidats : nous en avons perdu 45 % au concours de professeurs des écoles. Sur 16 000 postes ouverts, près de 3 000 sont restés vacants en 2024. Parallèlement, le niveau des élèves reste préoccupant.<br><br>Les évaluations Pisa et Timss le confirment : en compréhension écrite, la part des élèves en difficulté est passée de 15 à 25 %, tandis qu'en mathématiques, la France est dernière de l'OCDE au CM1 et avant-dernière en classe de quatrième.<br><br><strong>M. Thierry Tesson .</strong> Sept ans de pouvoir !<br><br><strong>M. Philippe Baptiste,</strong><i> ministre . </i>C'est pourquoi, avec le premier ministre François Bayrou et la ministre d'État Élisabeth Borne, nous avons lancé une réforme d'ampleur de la formation et du recrutement des enseignants. Cette réforme repose sur trois piliers simples. Le premier est l'ouverture d'une licence dédiée au professorat des écoles, accessible dès le baccalauréat, à la rentrée 2026, avec une exigence forte sur les savoirs fondamentaux.<br><br>Le deuxième est le repositionnement du concours à bac + 3, afin d'élargir le vivier des candidats. Le troisième pilier consiste en deux années de master rémunérées, en alternance. Les étudiants seront élèves fonctionnaires et s'engageront à servir l'éducation nationale pendant au moins quatre ans.<br><br><strong>Mme Émilie Bonnivard .</strong> Rendez-nous Patrick Hetzel ! <i>(Sourires.)</i><br><br><strong>M. Philippe Baptiste,</strong><i> ministre . </i>Pour cela, nous avons mené une concertation avec les syndicats sur les parcours professionnels, la formation continue et la reconnaissance en milieu de carrière. Ces mesures me semblent être à la hauteur de l'enjeu, qui est simple : pouvoir donner une chance à tous les élèves de la République, partout sur le territoire. <i>(Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)</i><br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-04-09", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-04-09", "pageJO": "3494", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}