577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1840 Réponse publiée Source officielle ↗

Liquidation judiciaire de la Fonderie de Bretagne

Auteur : Damien Girard — Écologiste et Social (Morbihan · 5ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère attributaire : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Rubrique : emploi et activité
Date de la question : —
Date de la réponse : 2026-10-14

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

LIQUIDATION JUDICIAIRE DE LA FONDERIE DE BRETAGNE


Mme la présidente. La parole est à M. Damien Girard.

M. Damien Girard (EcoS). Ce jeudi, la Fonderie de Bretagne sera placée en liquidation judiciaire : 250 emplois supprimés, une usine moderne condamnée, des savoir-faire industriels sacrifiés. Pourtant, ce désastre était évitable : il est le résultat de vos choix, et surtout de votre inaction.

Vous avez d'abord favorisé la reprise par Europlasma : malgré les nombreuses alertes, vous avez laissé faire, jusqu'à la catastrophe.

Vous n'avez utilisé aucun des leviers dont vous disposiez. L'État, qui détient 15 % du capital de Renault, aurait pu exiger des commandes garanties de la part de cette entreprise : vous n'avez rien fait. La direction générale de l'armement aurait pu favoriser une seconde source d'approvisionnement en corps d'obus : vous n'avez rien fait. À quoi bon annoncer 8,5 milliards d'euros pour France Munitions si vous laissez mourir les usines et les compétences nécessaires à notre défense ?

Il restait une dernière solution, la nationalisation provisoire, pour sauver l'outil industriel, préserver les compétences et préparer l'avenir. Là encore, vous n'avez rien fait.

Vous avez la souveraineté industrielle à la bouche en permanence, mais quand il faut agir, vous n'êtes nulle part. Vous n'avez été là ni pour Vencorex ni pour Michelin, pas plus que pour ArcelorMittal (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR) – et la liste est immense.

La disparition de ce site moderne et équipé, qui a déjà reçu des millions d'euros d'investissement, est non seulement une catastrophe, mais son abandon est une faute politique majeure dont vous portez la responsabilité. Aujourd'hui, 250 salariés et leur famille vont payer le prix de votre abandon. Vous avez échoué à sauver leur usine, vous n'avez pas le droit de les abandonner une seconde fois.

Quels moyens, quels engagements et quel calendrier pouvez-vous annoncer afin de garantir à ces 250 salariés une formation, une reconversion et un emploi industriel de qualité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. La situation de la Fonderie de Bretagne me tient particulièrement à cœur, car j'étais ministre de l'industrie quand l'usine a rencontré ses premières difficultés. Lorsque je suis redevenu député, j'ai accompagné mon successeur, M. Ferracci, pour organiser sa reprise par Europlasma, qui s'est révélée décevante – je vous l'accorde. Malheureusement, nous ne disposions à ce moment-là d'aucun autre repreneur. Si nous en avions trouvé d'autres, nous les aurions accompagnés.

Nous avons fait beaucoup pour cette entreprise. Depuis des mois, Sébastien Martin, ministre de l'industrie, se bat jour et nuit pour essayer de trouver un repreneur : malheureusement, cela n'a pas été possible. Je suis en désaccord avec vous lorsque vous considérez que la nationalisation constitue la solution à tous les problèmes industriels.

M. Damien Girard. Mais là, c'était le cas !

M. Roland Lescure, ministre. Je considère au contraire que nous ne sauverons pas l'industrie française en nationalisant des entreprises qui peinent à trouver des commandes ou qui sont confrontées à des enjeux de compétitivité.

Certes, nos solutions ne fonctionnent pas toujours, malheureusement. Vous avez mentionné quelques exemples où nous n'avons pas réussi à sauver l'entreprise. Mais Michelin, pardon, demeure l'un des champions mondiaux du pneu et reste implanté en France, emploie encore des milliers de salariés dans notre pays et dans le monde. Malheureusement, il arrive que nous ne parvenions ni à trouver un repreneur, ni à élaborer un plan d'affaires crédible, ni à réunir les financements nécessaires pour aller plus loin.

Dans ces situations, je vous rejoins sur le dernier point de votre question : la priorité des priorités, ce sont les salariés. En l'espèce, l'entreprise est située dans le Morbihan, département dont le taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale et où des besoins de recrutement existent.

M. Damien Girard. C'est aujourd'hui qu'il faut mettre de l'argent !

M. Roland Lescure, ministre. Les instructions ont été données à la préfète pour accompagner les salariés dans la formation et la recherche d'emploi. Nous nous assurerons que chacun d'entre eux en bénéficie.

M. Damien Girard. Et Renault ?

M. Roland Lescure, ministre. Renault était prêt à mettre de l'argent. Contrairement à ce qui avait été le cas par le passé, la difficulté ne résidait plus dans le volume des commandes. Désormais, la priorité est d'accompagner les salariés. (M. Christopher Weissberg applaudit.)

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-10-14 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Parcoursup
    M. Hendrik Davi (EcoS) · M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
  2. Agriculture de montagne
    M. Hubert Ott (Dem) · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire
  3. Finances des collectivités territoriales
    M. Jean-Pierre Bataille (LIOT) · Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
  4. Facturation électronique
    M. Dominique Paillat (HOR) · M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics
  5. Mobilisation lycéenne
    Mme Elsa Faucillon (GDR) · M. Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale
  6. Coût de l’énergie
    M. Bartolomé Lenoir (UDR) · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie · M. Bartolomé Lenoir
  7. Sécurité des chasseurs
    Mme Stéphanie Galzy (RN) · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  8. Financement du système de retraite
    M. Pierre Cazeneuve (EPR) · M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics
  9. Situation à Gaza
    M. Thomas Portes (LFI-NFP) · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères · M. Thomas Portes · M. Jean-Noël Barrot, ministre
  10. Budget
    M. Laurent Baumel (SOC) · M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics
  11. Handicap
    Mme Sylvie Bonnet (DR) · Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées · Mme Sylvie Bonnet
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Là encore, vous n'avez rien fait.<br><br>Vous avez la souveraineté industrielle à la bouche en permanence, mais quand il faut agir, vous n'êtes nulle part. Vous n'avez été là ni pour Vencorex ni pour Michelin, pas plus que pour ArcelorMittal <i>(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR) </i>– et la liste est immense.<br><br>La disparition de ce site moderne et équipé, qui a déjà reçu des millions d'euros d'investissement, est non seulement une catastrophe, mais son abandon est une faute politique majeure dont vous portez la responsabilité. Aujourd'hui, 250 salariés et leur famille vont payer le prix de votre abandon. Vous avez échoué à sauver leur usine, vous n'avez pas le droit de les abandonner une seconde fois.<br><br>Quels moyens, quels engagements et quel calendrier pouvez-vous annoncer afin de garantir à ces 250 salariés une formation, une reconversion et un emploi industriel de qualité ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.<br><br><strong>M. Roland Lescure,</strong><i> ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. </i>La situation de la Fonderie de Bretagne me tient particulièrement à cœur, car j'étais ministre de l'industrie quand l'usine a rencontré ses premières difficultés. Lorsque je suis redevenu député, j'ai accompagné mon successeur, M. Ferracci, pour organiser sa reprise par Europlasma, qui s'est révélée décevante – je vous l'accorde. Malheureusement, nous ne disposions à ce moment-là d'aucun autre repreneur. Si nous en avions trouvé d'autres, nous les aurions accompagnés.<br><br>Nous avons fait beaucoup pour cette entreprise. Depuis des mois, Sébastien Martin, ministre de l'industrie, se bat jour et nuit pour essayer de trouver un repreneur : malheureusement, cela n'a pas été possible. Je suis en désaccord avec vous lorsque vous considérez que la nationalisation constitue la solution à tous les problèmes industriels.<br><br><strong>M. Damien Girard.</strong> Mais là, c'était le cas !<br><br><strong>M. Roland Lescure,</strong><i> ministre. </i>Je considère au contraire que nous ne sauverons pas l'industrie française en nationalisant des entreprises qui peinent à trouver des commandes ou qui sont confrontées à des enjeux de compétitivité.<br><br>Certes, nos solutions ne fonctionnent pas toujours, malheureusement. Vous avez mentionné quelques exemples où nous n'avons pas réussi à sauver l'entreprise. Mais Michelin, pardon, demeure l'un des champions mondiaux du pneu et reste implanté en France, emploie encore des milliers de salariés dans notre pays et dans le monde. Malheureusement, il arrive que nous ne parvenions ni à trouver un repreneur, ni à élaborer un plan d'affaires crédible, ni à réunir les financements nécessaires pour aller plus loin.<br><br>Dans ces situations, je vous rejoins sur le dernier point de votre question : la priorité des priorités, ce sont les salariés. En l'espèce, l'entreprise est située dans le Morbihan, département dont le taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale et où des besoins de recrutement existent.<br><br><strong>M. Damien Girard.</strong> C'est aujourd'hui qu'il faut mettre de l'argent !<br><br><strong>M. Roland Lescure,</strong><i> ministre. </i>Les instructions ont été données à la préfète pour accompagner les salariés dans la formation et la recherche d'emploi. Nous nous assurerons que chacun d'entre eux en bénéficie.<br><br><strong>M. Damien Girard.</strong> Et Renault ?<br><br><strong>M. Roland Lescure,</strong><i> ministre. </i>Renault était prêt à mettre de l'argent. 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