577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1813 Réponse publiée Source officielle ↗

Mobilisation lycéenne

Auteur : Laurent Croizier — Les Démocrates (Doubs · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale
Ministère attributaire : Ministère de l’éducation nationale
Rubrique : enseignement
Date de la question : —
Date de la réponse : 2026-10-07

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

MOBILISATION LYCÉENNE


Mme la présidente. La parole est à M. Laurent Croizier.

M. Laurent Croizier (Dem). Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent pour exprimer leurs inquiétudes face à l'avenir. Les députés Démocrates ne confondent pas cette jeunesse qui s'exprime pacifiquement avec les casseurs, parfois étrangers aux établissements concernés. Nous condamnons fermement les violences commises aux abords des lycées. Nous condamnons les mouvements politiques qui attisent les tensions et encouragent ces violences. Nous pensons aux 85 membres du personnel de l'éducation nationale, aux 215 lycéens et aux 715 membres des forces de l'ordre, qui ont été blessés en premier lieu par les forces,…

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP. Ah ! (Sourires.)

M. Laurent Croizier. …pardon, par les fauteurs de troubles. Nous pensons aussi aux lycéens gravement blessés lors des opérations de maintien de l'ordre.

Il est temps de retrouver le chemin du lycée et de l'apaisement. Professeurs non remplacés, journées surchargées, bâtiments dégradés ou angoisses liées à Parcoursup : les préoccupations des lycéens sont légitimes et appellent des réponses concrètes. Derrière la baisse démographique, nous voyons l'opportunité de réorganiser notre école pour mieux remplacer les absences, alléger les effectifs des classes et améliorer les conditions d'apprentissage. Il n'est nul besoin d'une énième réforme pour cela.

Faisons de ces revendications un grand moment de démocratie en accordant notre confiance aux équipes éducatives et aux élèves responsables. (M. Jimmy Pahun applaudit.) Le groupe Démocrates demande que, dès demain, une demi-journée de débat soit organisée dans chaque classe de chaque lycée, sans oublier les spécificités ultramarines. Chaque élève doit pouvoir s'exprimer et se sentir écouté. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et EPR.)

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. On est sauvés !

M. Laurent Croizier. La synthèse sera transmise au conseil de la vie lycéenne, élargi à la région et aux élus locaux. Celui-ci sera chargé de distinguer ce qui se règle immédiatement, ce qui exige un arbitrage et ce qui suppose des travaux plus longs. Chaque action proposée devra s'accompagner d'un responsable, d'une échéance, d'un engagement écrit. Une promesse sans responsable ni calendrier n'est pas une réponse. (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'orateur. - Quelques députés des groupes Dem et EPR applaudissent ce dernier.)

Mme Christine Arrighi. Et tout cela finira aux archives, comme les cahiers de doléances ?

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Je vous remercie de rappeler qu’il n’y a pas d’issue en dehors du cadre démocratique et du dialogue. On ne peut pas, dans le même mouvement, réclamer que l’on écoute les lycéens – ce que je fais tous les jours – et balayer d’un revers de main, comme si de rien n'était, la plateforme qui leur permettra de donner leur avis ou la place donnée aux débats au sein des établissements.

La démocratie s'incarne dans des lieux et dans des instances à la fois locales et nationales. Je vous confirme l'organisation d'une demi-journée banalisée dans tous les établissements de France, à partir de demain ou d'après-demain – dans certains établissements, les cours ne reprendront que jeudi –, dans toutes les classes, pour laisser un temps de débat aux élèves et aux personnels. Tout cela doit permettre d'objectiver la situation, établissement par établissement. On peut dire ce qu'on veut pour occuper les médias, mais il n'y a pas deux établissements qui sont dans une situation identique.

Mme Nadège Abomangoli. Ah bon ? Et ce n'est pas un problème, ça ?

M. Édouard Geffray, ministre. Il faut donc traiter la situation établissement par établissement, identifier ce qui relève de l'académique ou du national et le traiter exactement dans les mêmes conditions, afin d'apporter des réponses avec un calendrier, des objectifs et des avancées dont je pourrai vous rendre compte, étape par étape, dans les jours et les semaines à venir.

J'en profite pour prolonger la discussion de tout à l'heure sur la démographie. Nous sommes confrontés à une chute démographique terrible, avec 180 000 élèves en moins à la rentrée prochaine. Si nous suivions cette baisse démographique, il faudrait supprimer 10 000 emplois. C'est évidemment hors de question. Cela n'a jamais été envisagé, ne serait-ce qu'un quart de demi-seconde.

Nous sommes précisément en train, de manière rationnelle, progressive et en tenant compte du vivier d'enseignements, de « tirer les dividendes de la démographie », afin qu'à la rentrée prochaine, le nombre d'élèves diminue dans toutes les classes, aussi bien à l'école maternelle qu'à l'école primaire, au collège et au lycée.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-10-07 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Mobilisation lycéenne
    Mme Virginie Duby-Muller (DR) · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur · Mme Virginie Duby-Muller
  2. Mobilisation lycéenne
    Mme Lisa Belluco (EcoS) · M. Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale · Mme Lisa Belluco · M. Édouard Geffray, ministre
  3. Situation des hippodromes
    Mme Géraldine Bannier (Dem) · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire
  4. Violences à Mayotte
    Mme Estelle Youssouffa (LIOT) · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur · Mme Estelle Youssouffa · M. Laurent Nuñez, ministre
  5. Situation des finances publiques
    M. François Jolivet (HOR) · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie
  6. Avenir du site de Sibanye-Stillwater au Havre
    M. Jean-Paul Lecoq (GDR) · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie
  7. Mobilisation lycéenne
    M. Antoine Valentin (UDR) · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur · M. Antoine Valentin · M. Laurent Nuñez, ministre
  8. Attaques du 7 octobre 2023
    M. Julien Odoul (RN) · Mme Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations
  9. Attaques du 7 octobre 2023
    Mme Caroline Yadan (EPR) · Mme Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations
  10. Pesticides et cancers
    Mme Mathilde Hignet (LFI-NFP) · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire · Mme Mathilde Hignet
  11. Situation des aidants actifs
    M. Sébastien Saint-Pasteur (SOC) · Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées · M. Sébastien Saint-Pasteur
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Professeurs non remplacés, journées surchargées, bâtiments dégradés ou angoisses liées à Parcoursup : les préoccupations des lycéens sont légitimes et appellent des réponses concrètes. Derrière la baisse démographique, nous voyons l'opportunité de réorganiser notre école pour mieux remplacer les absences, alléger les effectifs des classes et améliorer les conditions d'apprentissage. Il n'est nul besoin d'une énième réforme pour cela.<br><br>Faisons de ces revendications un grand moment de démocratie en accordant notre confiance aux équipes éducatives et aux élèves responsables. <i>(M. Jimmy Pahun applaudit.)</i> Le groupe Démocrates demande que, dès demain, une demi-journée de débat soit organisée dans chaque classe de chaque lycée, sans oublier les spécificités ultramarines. Chaque élève doit pouvoir s'exprimer et se sentir écouté. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et EPR.)<br><br><strong>Mme Anaïs Belouassa-Cherifi.</strong> On est sauvés !<br><br><strong>M. Laurent Croizier. </strong>La synthèse sera transmise au conseil de la vie lycéenne, élargi à la région et aux élus locaux. Celui-ci sera chargé de distinguer ce qui se règle immédiatement, ce qui exige un arbitrage et ce qui suppose des travaux plus longs. Chaque action proposée devra s'accompagner d'un responsable, d'une échéance, d'un engagement écrit. Une promesse sans responsable ni calendrier n'est pas une réponse. <i>(Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'orateur. - Quelques députés des groupes Dem et EPR applaudissent ce dernier.)</i><br><br><strong>Mme Christine Arrighi.</strong> Et tout cela finira aux archives, comme les cahiers de doléances ?<br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre de l'éducation nationale. </i>Je vous remercie de rappeler qu’il n’y a pas d’issue en dehors du cadre démocratique et du dialogue. On ne peut pas, dans le même mouvement, réclamer que l’on écoute les lycéens – ce que je fais tous les jours – et balayer d’un revers de main, comme si de rien n'était, la plateforme qui leur permettra de donner leur avis ou la place donnée aux débats au sein des établissements.<br><br>La démocratie s'incarne dans des lieux et dans des instances à la fois locales et nationales. Je vous confirme l'organisation d'une demi-journée banalisée dans tous les établissements de France, à partir de demain ou d'après-demain – dans certains établissements, les cours ne reprendront que jeudi –, dans toutes les classes, pour laisser un temps de débat aux élèves et aux personnels. Tout cela doit permettre d'objectiver la situation, établissement par établissement. On peut dire ce qu'on veut pour occuper les médias, mais il n'y a pas deux établissements qui sont dans une situation identique.<br><br><strong>Mme Nadège Abomangoli.</strong> Ah bon ? Et ce n'est pas un problème, ça ?<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre. </i>Il faut donc traiter la situation établissement par établissement, identifier ce qui relève de l'académique ou du national et le traiter exactement dans les mêmes conditions, afin d'apporter des réponses avec un calendrier, des objectifs et des avancées dont je pourrai vous rendre compte, étape par étape, dans les jours et les semaines à venir.<br><br>J'en profite pour prolonger la discussion de tout à l'heure sur la démographie. Nous sommes confrontés à une chute démographique terrible, avec 180 000 élèves en moins à la rentrée prochaine. Si nous suivions cette baisse démographique, il faudrait supprimer 10 000 emplois. C'est évidemment hors de question. 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