577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1453 Réponse publiée Source officielle ↗

Santé mentale des jeunes

Auteur : Denis Fégné — Socialistes et apparentés (Hautes-Pyrénées · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : santé
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-04-15

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

SANTÉ MENTALE DES JEUNES


Mme la présidente . La parole est à M. Denis Fégné.

M. Denis Fégné . Madame la ministre de la santé, vous avez reçu le 12 février le rapport, issu d'une mission sur le repérage et l'intervention précoce en santé mentale, commandé par votre prédécesseur, Yannick Neuder, après que la santé mentale a été déclarée grande cause nationale pour 2025.

Ce rapport est alarmant. En France, les troubles psychiques sont la première cause de morbidité et de handicap chez les jeunes de 15 à 25 ans. Les auteurs décrivent des délais d'accès aux soins entre deux et cinq ans pour des troubles psychotiques débutants, pouvant aller jusqu'à près de dix ans pour des troubles bipolaires. Pour ces jeunes qui basculent dans la crise, cela signifie des années d'errance et de galère ; cela signifie des entrées dans les soins par les urgences ou sous contrainte, avec un effet traumatique, tant pour eux que pour leur famille. Le rapport décrit le système comme un « millefeuille », qualifié d'« illisible », cloisonné en silos – éducation, soins, médico-social, protection de l'enfance –, qui fait perdre des chances majeures de rétablissement.

Pourtant, les solutions existent. Le rapport en énonce dix, dix mesures d'urgence parmi lesquelles la création d'un centre ressource national pour piloter l'intervention précoce ; un maillage territorial de dispositifs dédiés à l'intervention précoce ; une formation généralisée des acteurs aux nouvelles pratiques de soins adaptées à l'intervention précoce ; un financement pérenne et pluriannuel. En somme, ce rapport propose la définition d'un véritable parcours structuré autour de trois objectifs : repérage, orientation, soins.

Les auteurs rappellent également un chiffre qu'avait mis en exergue la commission d'enquête de notre collègue Sébastien Saint-Pasteur sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et les coûts de ces défaillances pour la société : 1 euro investi dans l'intervention précoce peut générer jusqu'à 15 euros de coûts évités. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.) Ne pas agir coûte plus cher humainement et financièrement – mon collègue Jean-Claude Raux l'a souligné, lui aussi.

Puisque ce rapport vous a été remis il y a plusieurs semaines, quelles décisions concrètes prendrez-vous sur la base de ses conclusions ? Quels moyens financiers mobiliserez-vous pour sortir de l'expérimentation et passer au déploiement ? Enfin, prévoyez-vous un texte législatif ou réglementaire pour faire passer ces mesures ; et, si oui, selon quel calendrier ? Derrière les chiffres, il y a des jeunes dont les parcours de vie peuvent basculer, ou qui peuvent être sauvés ; ils attendent des réponses. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et LIOT.)

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées . Nous convenons tous de la nécessité d'agir en faveur de la santé mentale. Entre 2022 et 2024, le nombre de prises en charge a augmenté de 100 000 patients dans la file active ambulatoire. En octobre 2024, Michel Barnier, alors premier ministre, en a fait une grande cause nationale. Le premier ministre Sébastien Lecornu l'a reprise pour l'année 2026. J'aurai l'occasion, avec l'ensemble des acteurs, mes collègues ministres et les élus qui le souhaitent, de dresser le bilan de l'année 2025 et d'annoncer les perspectives pour 2026.

En attendant, nous agissons. Ces dix dernières années, malgré la contrainte du numerus clausus et une démographie médicale en baisse, nous comptons 1 000 psychiatres supplémentaires. Le nombre de psychologues a doublé, ce qui représente 35 000 professionnels de plus. Nous avons créé et développé la filière d'infirmiers en pratique avancée en psychiatrie, et le budget des centres médico-psychologiques a augmenté de 38 millions d'euros en deux ans, permettant le recrutement de 630 professionnels.

Des actions transversales ont également été menées, je pense à la formation de 300 000 personnes aux premiers secours en santé mentale. Je rappelle également l'existence du numéro national de prévention du suicide, le 3114 – il est en cours de refondation, mais il fonctionne.

Enfin, pour répondre à votre question sur les jeunes, j'instruis les propositions du rapport, commandé par Yannick Neuder, qui m'a été remis récemment. J'en retiens notamment l'idée de réseaux nationaux de repérage, sans oublier d'autres propositions à destination des jeunes. Sachez aussi que nous renforçons parallèlement les maisons des adolescents et que nous prenons des mesures en matière de lutte contre les addictions.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-04-15 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Situation des outre-mer
    Mme Béatrice Bellay · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer
  2. Financement des collectivités locales
    M. Guillaume Lepers · Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
  3. Décret PFAS
    Mme Catherine Hervieu · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique · Mme Catherine Hervieu
  4. Hongrie
    M. Pascal Lecamp · M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité · M. Pascal Lecamp
  5. Dépendance énergétique outre-mer
    M. Olivier Serva · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer
  6. Décret PFAS
    Mme Anne-Cécile Violland · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique · Mme Anne-Cécile Violland
  7. Politique de l’emploi à La Réunion
    Mme Karine Lebon · M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités · Mme Karine Lebon
  8. Lutte contre les sabotages visant l’industrie de la défense
    M. Matthieu Bloch · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  9. Soutien à la filière pêche
    M. Antoine Golliot · Mme Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche · M. Antoine Golliot
  10. Gisement d’hydrogène en Moselle
    M. Paul Midy · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie
  11. Prix des carburants
    M. Laurent Alexandre · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie · M. Laurent Alexandre
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Le rapport en énonce dix, dix mesures d'urgence parmi lesquelles la création d'un centre ressource national pour piloter l'intervention précoce ; un maillage territorial de dispositifs dédiés à l'intervention précoce ; une formation généralisée des acteurs aux nouvelles pratiques de soins adaptées à l'intervention précoce ; un financement pérenne et pluriannuel. En somme, ce rapport propose la définition d'un véritable parcours structuré autour de trois objectifs : repérage, orientation, soins.<br><br>Les auteurs rappellent également un chiffre qu'avait mis en exergue la commission d'enquête de notre collègue Sébastien Saint-Pasteur sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et les coûts de ces défaillances pour la société : 1 euro investi dans l'intervention précoce peut générer jusqu'à 15 euros de coûts évités. <i>(Applaudissements</i> sur les bancs des groupes SOC et EcoS.) Ne pas agir coûte plus cher humainement et financièrement – mon collègue Jean-Claude Raux l'a souligné, lui aussi.<br><br>Puisque ce rapport vous a été remis il y a plusieurs semaines, quelles décisions concrètes prendrez-vous sur la base de ses conclusions ? Quels moyens financiers mobiliserez-vous pour sortir de l'expérimentation et passer au déploiement ? Enfin, prévoyez-vous un texte législatif ou réglementaire pour faire passer ces mesures ; et, si oui, selon quel calendrier ? Derrière les chiffres, il y a des jeunes dont les parcours de vie peuvent basculer, ou qui peuvent être sauvés ; ils attendent des réponses. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et LIOT.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées . </i>Nous convenons tous de la nécessité d'agir en faveur de la santé mentale. Entre 2022 et 2024, le nombre de prises en charge a augmenté de 100 000 patients dans la file active ambulatoire. En octobre 2024, Michel Barnier, alors premier ministre, en a fait une grande cause nationale. Le premier ministre Sébastien Lecornu l'a reprise pour l'année 2026. J'aurai l'occasion, avec l'ensemble des acteurs, mes collègues ministres et les élus qui le souhaitent, de dresser le bilan de l'année 2025 et d'annoncer les perspectives pour 2026.<br><br>En attendant, nous agissons. Ces dix dernières années, malgré la contrainte du numerus clausus et une démographie médicale en baisse, nous comptons 1 000 psychiatres supplémentaires. Le nombre de psychologues a doublé, ce qui représente 35 000 professionnels de plus. Nous avons créé et développé la filière d'infirmiers en pratique avancée en psychiatrie, et le budget des centres médico-psychologiques a augmenté de 38 millions d'euros en deux ans, permettant le recrutement de 630 professionnels.<br><br>Des actions transversales ont également été menées, je pense à la formation de 300 000 personnes aux premiers secours en santé mentale. Je rappelle également l'existence du numéro national de prévention du suicide, le 3114 – il est en cours de refondation, mais il fonctionne.<br><br>Enfin, pour répondre à votre question sur les jeunes, j'instruis les propositions du rapport, commandé par Yannick Neuder, qui m'a été remis récemment. J'en retiens notamment l'idée de réseaux nationaux de repérage, sans oublier d'autres propositions à destination des jeunes. Sachez aussi que nous renforçons parallèlement les maisons des adolescents et que nous prenons des mesures en matière de lutte contre les addictions.<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-04-15", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-04-15", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}