Fermetures de classes
Auteur :
Dorine Bregman
— Socialistes et apparentés
(Paris · 7ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale
Ministère attributaire : Ministère de l’éducation nationale
Rubrique : enseignement
Date de la question : —
Date de la réponse : 2026-04-15
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
Mme la présidente . Avant de lui donner la parole, je suis heureuse de souhaiter, en votre nom à tous, la bienvenue à Mme Dorine Bregman, devenue le 10 avril députée de la 7e circonscription de Paris. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Mme Dorine Bregman . Merci, madame la présidente. J'ai l'honneur de poser ma première question au gouvernement et j'en remercie mon groupe.
Monsieur le ministre de l'éducation nationale, ma collègue Chantal Jourdan vous a interrogé il y a quinze jours ; le président de notre groupe vous a envoyé un courrier, resté sans réponse ;…
M. Boris Vallaud . Tout à fait !
Mme Dorine Bregman . …tous les élus socialistes se mobilisent auprès des communautés éducatives dans leur territoire. Face à votre obstination à supprimer 4 000 postes d’enseignants à la prochaine rentrée, nous ne lâcherons rien et nous continuerons à dénoncer votre casse de l'école publique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Concrètement, ces suppressions de postes sont autant de fermetures d’écoles, de baisses de dotations horaires globales, de fins de certains enseignements, de manques d'accompagnement pour les élèves les plus en difficultés, donc d’attaques envers l’école publique, partout sur le territoire – en ruralité, dans les quartiers prioritaires, les pays des océans, comme en milieu urbain – et ainsi envers notre société tout entière.
Je prends l’exemple d’une école de ma circonscription, dans le 11e arrondissement de Paris. L’État annonce un effectif de 155 élèves, qui ne correspond pas à la réalité et ne prend pas en compte les dernières inscriptions : finalement, vingt et un élèves de plus y feront leur rentrée. Pourtant, vous avez été alerté, monsieur le ministre – par la directrice, les parents d’élèves, la Ville de Paris.
Vingt et un élèves, c’est une classe entière. Une classe que vous choisissez d’ignorer, au mépris de la qualité de l’enseignement et du bien-être des enfants. Comment justifiez-vous une telle sous-évaluation ? Comment pouvez-vous fermer une classe dans cette école, parmi tant d’autres, alors que vos services sont parfaitement informés ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Cette décision n’est pas seulement injuste, elle est incohérente, dangereuse pour l’avenir des élèves et inacceptable pour les familles. Nos enfants méritent mieux que des calculs erronés et des portes qui se ferment.
Plutôt que de redonner du souffle à l’école publique, vous choisissez de l’affaiblir ;…
M. Boris Vallaud . Exactement !
Mme Dorine Bregman . …plutôt que d’investir dans notre jeunesse, vous choisissez de la sacrifier. Vous rompez ainsi avec la promesse républicaine d'accueillir et d’émanciper toutes et tous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale . Je vous présente mes vœux pour votre nouveau mandat.
Vous avez souligné la situation démographique en général et celle de Paris en particulier. Je vous le dis pour la première fois, mais je le répète depuis plusieurs semaines : nous sommes dans une situation démographique générale alarmante. J'ai fait établir et publier des projections qui montrent que dans les dix prochaines années, nous perdrons 1,7 million d'élèves sur les 11,8 millions que compte notre pays.
Si on examine la situation à Paris, on constate une baisse de 20 % du nombre d'élèves en huit ans, et on estime à 30 % la baisse supplémentaire d'ici à 2035. Autrement dit, Paris aura perdu quasiment 45 % de ses élèves en quinze ans. C'est la réalité.
Nous essayons à la fois de tenir compte de la situation démographique et de diminuer le nombre d'élèves par classe. À Paris, pour rester sur le même exemple, il est passé, en l'espace de quelques années, de 23,7 élèves par classe à 20,1.
M. Erwan Balanant . 20,1 !
M. Édouard Geffray, ministre . Le taux d'encadrement dans l'académie de Paris est donc l'un des plus élevés.
M. Ian Boucard . Les Parisiens sont favorisés ! Ce n'est pas normal !
M. Édouard Geffray, ministre . S'agissant de l'exemple précis que vous avez évoqué, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire des fermetures ont été annoncées – ainsi que des ouvertures, ne l'oublions pas. À ma demande, le conseil départemental de l'éducation nationale est revenu, après évaluation, sur une quinzaine de fermetures.
M. Pierre Cordier . Le conseil ne sert plus à rien !
M. Édouard Geffray, ministre . S'il s'avère que les calculs comportent des erreurs ou que de nouvelles inscriptions ont fait suite à des déménagements, il sera toujours possible de faire des ajustements, aux mois de juin et d'août, pour ouvrir des classes là où c'est nécessaire – y compris dans l'exemple que vous avez évoqué. Si besoin, nous le ferons. Mais n'oublions pas que nous subissons une chute démographique majeure, en particulier à Paris. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2026-04-15 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
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Situation des outre-mer
Mme Béatrice Bellay · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer
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Financement des collectivités locales
M. Guillaume Lepers · Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
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Décret PFAS
Mme Catherine Hervieu · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique · Mme Catherine Hervieu
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Hongrie
M. Pascal Lecamp · M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité · M. Pascal Lecamp
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Dépendance énergétique outre-mer
M. Olivier Serva · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer
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Décret PFAS
Mme Anne-Cécile Violland · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique · Mme Anne-Cécile Violland
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Politique de l’emploi à La Réunion
Mme Karine Lebon · M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités · Mme Karine Lebon
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Lutte contre les sabotages visant l’industrie de la défense
M. Matthieu Bloch · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
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Soutien à la filière pêche
M. Antoine Golliot · Mme Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche · M. Antoine Golliot
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Gisement d’hydrogène en Moselle
M. Paul Midy · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie
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Prix des carburants
M. Laurent Alexandre · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie · M. Laurent Alexandre
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Pourtant, vous avez été alerté, monsieur le ministre – par la directrice, les parents d’élèves, la Ville de Paris.<br><br>Vingt et un élèves, c’est une classe entière. Une classe que vous choisissez d’ignorer, au mépris de la qualité de l’enseignement et du bien-être des enfants. Comment justifiez-vous une telle sous-évaluation ? Comment pouvez-vous fermer une classe dans cette école, parmi tant d’autres, alors que vos services sont parfaitement informés ? <i>(Applaudissements</i> sur quelques bancs du groupe SOC.) Cette décision n’est pas seulement injuste, elle est incohérente, dangereuse pour l’avenir des élèves et inacceptable pour les familles. Nos enfants méritent mieux que des calculs erronés et des portes qui se ferment.<br><br>Plutôt que de redonner du souffle à l’école publique, vous choisissez de l’affaiblir ;…<br><br><strong>M. Boris Vallaud .</strong> Exactement !<br><br><strong>Mme Dorine Bregman . </strong>…plutôt que d’investir dans notre jeunesse, vous choisissez de la sacrifier. Vous rompez ainsi avec la promesse républicaine d'accueillir et d’émanciper toutes et tous. <i>(Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre de l'éducation nationale . </i>Je vous présente mes vœux pour votre nouveau mandat.<br><br>Vous avez souligné la situation démographique en général et celle de Paris en particulier. Je vous le dis pour la première fois, mais je le répète depuis plusieurs semaines : nous sommes dans une situation démographique générale alarmante. J'ai fait établir et publier des projections qui montrent que dans les dix prochaines années, nous perdrons 1,7 million d'élèves sur les 11,8 millions que compte notre pays.<br><br>Si on examine la situation à Paris, on constate une baisse de 20 % du nombre d'élèves en huit ans, et on estime à 30 % la baisse supplémentaire d'ici à 2035. Autrement dit, Paris aura perdu quasiment 45 % de ses élèves en quinze ans. C'est la réalité.<br><br>Nous essayons à la fois de tenir compte de la situation démographique et de diminuer le nombre d'élèves par classe. À Paris, pour rester sur le même exemple, il est passé, en l'espace de quelques années, de 23,7 élèves par classe à 20,1.<br><br><strong>M. Erwan Balanant .</strong> 20,1 !<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre . </i>Le taux d'encadrement dans l'académie de Paris est donc l'un des plus élevés.<br><br><strong>M. Ian Boucard .</strong> Les Parisiens sont favorisés ! Ce n'est pas normal !<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre . </i>S'agissant de l'exemple précis que vous avez évoqué, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire des fermetures ont été annoncées – ainsi que des ouvertures, ne l'oublions pas. À ma demande, le conseil départemental de l'éducation nationale est revenu, après évaluation, sur une quinzaine de fermetures.<br><br><strong>M. Pierre Cordier .</strong> Le conseil ne sert plus à rien !<br><br><strong>M. Édouard Geffray,</strong><i> ministre . </i>S'il s'avère que les calculs comportent des erreurs ou que de nouvelles inscriptions ont fait suite à des déménagements, il sera toujours possible de faire des ajustements, aux mois de juin et d'août, pour ouvrir des classes là où c'est nécessaire – y compris dans l'exemple que vous avez évoqué. Si besoin, nous le ferons. 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