577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1339 Réponse publiée Source officielle ↗

Collectif Némésis

Auteur : Ugo Bernalicis — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Nord · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur
Ministère attributaire : Ministère de l'intérieur
Rubrique : sécurité des biens et des personnes
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-02-25

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

COLLECTIF NÉMÉSIS


Mme la présidente . La parole est à M. Ugo Bernalicis.

M. Ugo Bernalicis . Monsieur le ministre de l'intérieur, avez-vous pris connaissance des révélations publiées par L’Humanité,…

M. Jean-Paul Lecoq . Très bon journal !

M. Ugo Bernalicis . …concernant les liens entre des militantes du collectif d’extrême droite Némésis et des néonazis du groupe Audace ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Julien Odoul . Faites-vous discret !

M. Ugo Bernalicis . Je cite : « On peut être deux ou trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l'appât. » Ces échanges, intervenus en octobre dernier à Lyon, visaient à organiser un guet-apens contre des militants antifascistes.

Mme Hanane Mansouri . Et qui a dit « Butez-le ! » ? Ça aussi, c'est une citation !

M. Ugo Bernalicis . Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d’intimidation et de violence politique assumée. Nous parlons de fémonationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Nous le disons, la violence politique dessert notre projet, mais qu’en est-il du vôtre ?

M. Sébastien Chenu . La ficelle est un peu grosse !

M. Ugo Bernalicis . Ce sont ces mêmes groupes auxquels votre ministère n’a pas interdit de défiler récemment à Lyon, dans un contexte de récupération d’un drame humain, avec des mots d’ordre et des symboles qui révèlent la montée du fascisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Anne-Laure Blin . Et la Jeune Garde alors ?

M. Ugo Bernalicis . Votre famille politique doit s’expliquer. Quand votre candidate Martine Vassal reprend une devise pétainiste, quand votre ministre Aurore Bergé cite l’antisémite d’extrême droite Charles Maurras (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et propose un accord politique électoral avec le Rassemblement national, le bruit des bottes se fait de plus en plus lourd dans notre pays.

Je dénonce le choix fait par votre ministère, pour des raisons politiciennes, de réprimer des mouvements sociaux pacifiques, des manifestations écologistes non-violentes, des rassemblements pour la paix en Palestine. En revanche, lorsque des néonazis défilent, vous estimez que, non, ça ne trouble pas votre ordre public. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Je vous pose donc une question précise : allez-vous saisir la justice pour…

Mme Hanane Mansouri . Raphaël Arnault !

M. Ugo Bernalicis . …demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ou bien dites-vous, comme votre prédécesseur Bruno Retailleau : « Bravo pour votre combat, vous savez que j'en suis très proche » ?

Nous, nous sommes antifascistes parce que nous sommes républicains ! Et vous ? Et vous ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

M. Sébastien Chenu . Comme c'est mauvais !

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nuñez, ministre . Je vous répondrai en républicain, en deux temps. Premièrement, des personnes étaient allées déclarer la manifestation, présentée comme un hommage à Quentin à la suite de sa mort dramatique. Je ne l'ai donc ni autorisée ni interdite, car – vous êtes bien placé pour le savoir – je ne peux interdire des manifestations que s'il existe des risques de troubles à l'ordre public (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et si je suis dans l'incapacité de les contenir. J'ai apprécié la situation en conscience et ai donc considéré qu'il n'y avait pas lieu d'interdire ce rassemblement.

Cela signifie-t-il pour autant que nous partageons les gestes et les propos inacceptables qui ont été vus et entendus ? Évidemment, non. D'ailleurs, la justice a été saisie. Vous savez que la préfète du Rhône a signalé les faits au titre de l'article 40, que des enquêtes judiciaires ont été ouvertes et que ces gestes et propos feront l'objet de poursuites et seront punis.

Deuxièmement, vous avez évoqué la dissolution de certaines structures, notamment Némésis. En tant que ministre de l'intérieur républicain, je vous affirme qu'aucun groupe n'échappe au contrôle ni à la vigilance des services placés sous mon autorité. Vous le savez, la dissolution est une mesure de police administrative qui est soumise à des règles très claires. Tout groupement qui appelle à la violence, à la discrimination ou la haine est susceptible de faire l'objet d'une procédure de dissolution.

M. Ugo Bernalicis . Je parle de dissolution judiciaire !

M. Laurent Nuñez, ministre . Aucune structure n'y échappe, y compris les groupuscules de la mouvance identitaire à laquelle appartient Némésis. Que les choses soient claires ! Dans l'esprit du ministre de l'intérieur que je suis, elles le sont. À l'issue d'une analyse, je déterminerai, comme je le fais pour tous les groupes d'ultradroite comme d'ultragauche, s'il y a lieu de dissoudre ce groupuscule.

Concernant la saisine de la justice, une enquête judiciaire est en cours sur les faits de Lyon et je suis certain que, s'ils le doivent, les magistrats n'hésiteront pas à étendre leurs investigations là où elles doivent l'être – peut-être même dans vos rangs, comme dans d'autres ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.)

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-02-25 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Protection sociale complémentaire des agents hospitaliers
    Mme Elsa Faucillon · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
  2. Réponse d’Emmanuel Macron à Giorgia Meloni
    M. Matthieu Bloch · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  3. Fermetures d’usines
    M. Robert Le Bourgeois · M. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie · M. Robert Le Bourgeois
  4. Aéroport de Castres et A69
    M. Jean Terlier · M. Philippe Tabarot, ministre des transports
  5. Foncier en Martinique
    M. Jean-Philippe Nilor · M. Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice · M. Jean-Philippe Nilor
  6. Maladies liées à l’amiante
    M. Julien Gokel · M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités
  7. Secours en montagne
    Mme Émilie Bonnivard · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  8. Taille des exploitations agricoles
    Mme Marie Pochon · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire · Mme Marie Pochon
  9. Soutien aux élus et modification du mode de scrutin municipal
    Mme Delphine Lingemann · Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
  10. Variole du singe à Mayotte
    Mme Estelle Youssouffa · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées · Mme Estelle Youssouffa
  11. Accès aux soins dermatologiques
    Mme Nathalie Colin-Oesterlé · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
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Ça aussi, c'est une citation !<br><br><strong>M. Ugo Bernalicis . </strong>Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d’intimidation et de violence politique assumée. Nous parlons de fémonationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br>Nous le disons, la violence politique dessert notre projet, mais qu’en est-il du vôtre ?<br><br><strong>M. Sébastien Chenu .</strong> La ficelle est un peu grosse !<br><br><strong>M. Ugo Bernalicis . </strong>Ce sont ces mêmes groupes auxquels votre ministère n’a pas interdit de défiler récemment à Lyon, dans un contexte de récupération d’un drame humain, avec des mots d’ordre et des symboles qui révèlent la montée du fascisme. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br><strong>Mme Anne-Laure Blin .</strong> Et la Jeune Garde alors ?<br><br><strong>M. Ugo Bernalicis . </strong>Votre famille politique doit s’expliquer. Quand votre candidate Martine Vassal reprend une devise pétainiste, quand votre ministre Aurore Bergé cite l’antisémite d’extrême droite Charles Maurras <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP)</i> et propose un accord politique électoral avec le Rassemblement national, le bruit des bottes se fait de plus en plus lourd dans notre pays. <br><br>Je dénonce le choix fait par votre ministère, pour des raisons politiciennes, de réprimer des mouvements sociaux pacifiques, des manifestations écologistes non-violentes, des rassemblements pour la paix en Palestine. En revanche, lorsque des néonazis défilent, vous estimez que, non, ça ne trouble pas votre ordre public. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)</i><br><br>Je vous pose donc une question précise : allez-vous saisir la justice pour…<br><br><strong>Mme Hanane Mansouri .</strong> Raphaël Arnault !<br><br><strong>M. Ugo Bernalicis . </strong>…demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) </i>Ou bien dites-vous, comme votre prédécesseur Bruno Retailleau : « Bravo pour votre combat, vous savez que j'en suis très proche » ?<br><br>Nous, nous sommes antifascistes parce que nous sommes républicains ! Et vous ? Et vous ? <i>(Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)</i><br><br><strong>M. Sébastien Chenu .</strong> Comme c'est mauvais !<br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre de l'intérieur.<br><br><strong>M. Laurent Nuñez,</strong><i> ministre . </i>Je vous répondrai en républicain, en deux temps. Premièrement, des personnes étaient allées déclarer la manifestation, présentée comme un hommage à Quentin à la suite de sa mort dramatique. Je ne l'ai donc ni autorisée ni interdite, car – vous êtes bien placé pour le savoir – je ne peux interdire des manifestations que s'il existe des risques de troubles à l'ordre public <i>(Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP</i>) et si je suis dans l'incapacité de les contenir. J'ai apprécié la situation en conscience et ai donc considéré qu'il n'y avait pas lieu d'interdire ce rassemblement.<br><br>Cela signifie-t-il pour autant que nous partageons les gestes et les propos inacceptables qui ont été vus et entendus ? Évidemment, non. D'ailleurs, la justice a été saisie. Vous savez que la préfète du Rhône a signalé les faits au titre de l'article 40, que des enquêtes judiciaires ont été ouvertes et que ces gestes et propos feront l'objet de poursuites et seront punis.<br><br>Deuxièmement, vous avez évoqué la dissolution de certaines structures, notamment Némésis. En tant que ministre de l'intérieur républicain, je vous affirme qu'aucun groupe n'échappe au contrôle ni à la vigilance des services placés sous mon autorité. Vous le savez, la dissolution est une mesure de police administrative qui est soumise à des règles très claires. Tout groupement qui appelle à la violence, à la discrimination ou la haine est susceptible de faire l'objet d'une procédure de dissolution.<br><br><strong>M. Ugo Bernalicis .</strong> Je parle de dissolution judiciaire !<br><br><strong>M. Laurent Nuñez,</strong><i> ministre . </i>Aucune structure n'y échappe, y compris les groupuscules de la mouvance identitaire à laquelle appartient Némésis. Que les choses soient claires ! Dans l'esprit du ministre de l'intérieur que je suis, elles le sont. À l'issue d'une analyse, je déterminerai, comme je le fais pour tous les groupes d'ultradroite comme d'ultragauche, s'il y a lieu de dissoudre ce groupuscule.<br><br>Concernant la saisine de la justice, une enquête judiciaire est en cours sur les faits de Lyon et je suis certain que, s'ils le doivent, les magistrats n'hésiteront pas à étendre leurs investigations là où elles doivent l'être – peut-être même dans vos rangs, comme dans d'autres ! <i>(Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.)</i><br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-02-25", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-02-25", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}