577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1280 Réponse publiée Source officielle ↗

Nomination d’Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes

Auteur : Éric Coquerel — La France insoumise - Nouveau Front Populaire
Ministère interrogé : Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère attributaire : Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Rubrique : Gouvernement
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-02-11

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

NOMINATION D'AMÉLIE DE MONTCHALIN À LA PRÉSIDENCE DE LA COUR DES COMPTES


Mme la présidente. La parole est à M. Éric Coquerel.

M. Éric Coquerel. Monsieur le premier ministre, ma question porte sur la nomination d'Amélie de Montchalin…

M. Philippe Vigier. L'excellente !

M. Éric Coquerel. …à la présidence de la Cour des comptes et du Haut conseil des finances publiques. Je la formule sans aucun esprit polémique, mais avec solennité, en espérant convaincre, et vous et celui qui vous nomme. (« Ah ! » sur de nombreux bancs.)

Dans cette nomination, rien ne va ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Les qualités de Mme de Montchalin ne sont pas en cause, même si elle n'est pas membre du corps des magistrats financiers. (Mêmes mouvements.)

Rappelons d'abord que l'indépendance incontestée de la Cour des comptes est capitale à une époque où la population doute parfois de nos institutions.

M. Benjamin Lucas-Lundy. C'est vrai !

M. Éric Coquerel. La charte de déontologie des juridictions financières est claire ; elle impose neutralité, indépendance, impartialité et prévention des conflits d'intérêts, notamment vis-à-vis du pouvoir en place.

Du fait de ses fonctions actuelles, Mme de Montchalin ne répond à aucune de ces exigences.

Mme Mathilde Panot. Exactement !

M. Éric Coquerel. Ministre du budget en exercice, elle est l'artisane – et c'est son rôle – des deux derniers projets de la loi de finances, ainsi que de celui à venir.

Or jamais personne n'est passé de la tête du ministère des comptes publics à celle de la plus haute autorité de contrôle des comptes de la nation. (Mêmes mouvements.)

Jamais une personne, ministre des comptes publics six mois auparavant, n'a donné à l'automne un avis sur le budget qu'elle a elle-même préparé. Difficile d'être davantage juge et partie ! (Mêmes mouvements.)

Jamais personne n'a été nommé pour une durée potentielle de vingt-sept ans à un poste structurant pour la juridiction, notamment en matière de nominations.

Avec cette nouvelle nomination – et peut-être d'autres à venir –, comment ne pas s'interroger sur un cadenassage des institutions indépendantes avant 2027 ? On parle notamment d'un très proche du chef de l'État pour prendre prochainement la tête de la Banque de France.

Ce qui gangrène les institutions, ce ne sont pas les oppositions qui exercent leurs droits, mais bien des nominations comme celle-ci. (Mêmes mouvements.) Il vous incombe de convaincre le chef de l'État de jouer son rôle constitutionnel, celui de veiller au respect de notre loi fondamentale et d'assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Cela commence par l'indépendance et la crédibilité de la Cour des comptes ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement.

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement. En tant que président de la commission des finances, vous connaissez parfaitement le rôle et l'organisation de nos institutions. L'organisation de la Cour des comptes satisfait à trois grands principes fondateurs : l'impartialité, la collégialité et l'indépendance. Amélie de Montchalin en sera la première vice-présidente,…

M. Emeric Salmon. Il y a comme un lapsus ! Elle sera première présidente !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. …mais elle y travaillera, au quotidien, avec huit autres présidents : c'est ce qui fonde la collégialité des choix et des débats de la Cour.

Vous l'avez constaté lors des débats relatifs aux derniers projets de loi de finances, Amélie de Montchalin a largement démontré qu'elle œuvrait pour l'État - uniquement pour l'État et pas pour des intérêts partisans. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Mme Mathilde Feld et M. David Guiraud. Mais bien sûr !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Elle n'a jamais hésité, y compris quand c'était douloureux, à dire la vérité sur les chiffres et à dire la vérité sur les comptes. Elle continuera de le faire demain, en tant que première vice-présidente de la Cour des comptes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

M. Emeric Salmon. Encore le même lapsus ! C'est vraiment la république des copains et des coquins…

Mme Mathilde Feld. C'est ça, votre réponse ? Quelle honte !

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-02-11 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Exclusion des étudiants polynésiens de l’aide au mérite
    Mme Nicole Sanquer · M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace · Mme Nicole Sanquer
  2. Usurpations d’identité
    Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  3. Avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie
    M. Emmanuel Tjibaou · M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement
  4. Nomination d’Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes
    M. Antoine Valentin · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement · M. Antoine Valentin · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée
  5. Politique migratoire
    M. Michel Guiniot · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  6. Propos tenus par Francesca Albanese
    Mme Caroline Yadan · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  7. Multiverbalisation des jeunes
    Mme Farida Amrani · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  8. Soutien au peuple iranien
    Mme Ayda Hadizadeh · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  9. Santé mentale
    M. Michel Barnier · M. Sébastien Lecornu, premier ministre
  10. Situation des universités
    Mme Sophie Taillé-Polian · M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
  11. Liaison Lyon-Turin
    M. Didier Padey · M. Philippe Tabarot, ministre des transports
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Difficile d'être davantage juge et partie ! <i>(Mêmes mouvements.)</i><br><br>Jamais personne n'a été nommé pour une durée potentielle de vingt-sept ans à un poste structurant pour la juridiction, notamment en matière de nominations.<br><br>Avec cette nouvelle nomination – et peut-être d'autres à venir –, comment ne pas s'interroger sur un cadenassage des institutions indépendantes avant 2027 ? On parle notamment d'un très proche du chef de l'État pour prendre prochainement la tête de la Banque de France.<br><br>Ce qui gangrène les institutions, ce ne sont pas les oppositions qui exercent leurs droits, mais bien des nominations comme celle-ci. <i>(Mêmes mouvements.) </i>Il vous incombe de convaincre le chef de l'État de jouer son rôle constitutionnel, celui de veiller au respect de notre loi fondamentale et d'assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Cela commence par l'indépendance et la crédibilité de la Cour des comptes ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)<br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement.<br><br><strong>Mme Maud Bregeon,</strong><i> ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement. </i>En tant que président de la commission des finances, vous connaissez parfaitement le rôle et l'organisation de nos institutions. L'organisation de la Cour des comptes satisfait à trois grands principes fondateurs : l'impartialité, la collégialité et l'indépendance. Amélie de Montchalin en sera la première vice-présidente,…<br><br><strong>M. Emeric Salmon.</strong> Il y a comme un lapsus ! Elle sera première présidente !<br><br><strong>Mme Maud Bregeon,</strong><i> ministre déléguée. </i>…mais elle y travaillera, au quotidien, avec huit autres présidents : c'est ce qui fonde la collégialité des choix et des débats de la Cour.<br><br>Vous l'avez constaté lors des débats relatifs aux derniers projets de loi de finances, Amélie de Montchalin a largement démontré qu'elle œuvrait pour l'État - uniquement pour l'État et pas pour des intérêts partisans. <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)</i><br><br><strong>Mme Mathilde Feld et M. David Guiraud.</strong> Mais bien sûr !<br><br><strong>Mme Maud Bregeon,</strong><i> ministre déléguée. </i>Elle n'a jamais hésité, y compris quand c'était douloureux, à dire la vérité sur les chiffres et à dire la vérité sur les comptes. Elle continuera de le faire demain, en tant que première vice-présidente de la Cour des comptes. <i>(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)</i><br><br><strong>M. Emeric Salmon.</strong> Encore le même lapsus ! C'est vraiment la république des copains et des coquins…<br><br><strong>Mme Mathilde Feld.</strong> C'est ça, votre réponse ? Quelle honte !<br><p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-02-11", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-02-11", "pageJO": "1343", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}