Dégradation de l'hôpital psychiatrique Édouard Toulouse
Auteur :
Denis Fégné
— Socialistes et apparentés
(Hautes-Pyrénées · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : établissements de santé
Date de la question : 2025-09-09
Date de la réponse : 2026-05-12
(245 jours)
Texte de la question
M. Denis Fégné alerte M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur la situation préoccupante de l'établissement public de santé Édouard Toulouse, situé dans les quartiers Nord de Marseille. Depuis plusieurs années, les représentants du personnel alertent sans relâche sur la dégradation de cet hôpital psychiatrique de référence, sans que leurs interpellations ne trouvent de réponse satisfaisante. La situation est désormais critique : plus de dix postes de cadres de santé demeurent vacants, les cadres administratifs et techniques quittent l'établissement, le poste stratégique de directeur des soins n'est pas pourvu depuis plusieurs années et l'actuel directeur d'établissement a annoncé son départ, laissant l'hôpital sans gouvernance ni stabilité. À cela s'ajoutent plus de 100 lits fermés au cours des dernières années, alors que les besoins en santé mentale augmentent fortement. De nombreux professionnels choisissent de quitter l'établissement pour rejoindre des structures mieux dotées, accentuant la perte d'attractivité d'Édouard Toulouse. Cet établissement dessert pourtant les quartiers Nord de Marseille, parmi les plus pauvres d'Europe, où les besoins en psychiatrie sont immenses. Laisser se déliter une offre publique de soins déjà fragile dans ces territoires revient à abandonner une population particulièrement vulnérable. Dans ce contexte, de nombreux personnels redoutent que cet affaiblissement organisé ne conduise à terme à une absorption par l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), au détriment de la spécificité psychiatrique de l'établissement. Il lui demande comment le Gouvernement compte garantir la pérennité d'une offre de soins psychiatriques publique et de qualité dans les quartiers Nord de Marseille et quelles mesures urgentes il entend prendre pour rétablir un pilotage clair et stable de l'établissement Édouard Toulouse.
Réponse ministérielle
La psychiatrie et la santé mentale constituent une priorité du Gouvernement et de l'action publique sur l'ensemble du territoire. L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur est particulièrement mobilisée sur ce sujet, avec une attention particulière pour les quartiers Nord de Marseille. Le département des Bouches-du-Rhône est l'un des mieux dotés de France, avec 21 établissements autorisés en psychiatrie et la densité de psychiatres y est également l'une des plus élevées de France. Concernant le Centre hospitalier (CH) Edouard Toulouse, la gouvernance de l'établissement est assurée par une équipe de direction complète et mobilisée au service de l'établissement, de ses patients et de ses personnels. Si des départs à la retraite sont prévus l'année prochaine (celui du directeur général et celui du directeur financier), les dispositions seront prises par l'établissement et l'agence régionale de santé pour éviter toute carence dans la gouvernance. Il n'est constaté aucune difficulté en matière de gestion de l'établissement, qui répond à sa mission de prise en charge et d'accompagnement de milliers de patients au quotidien. Le projet d'établissement ainsi que la dynamique de l'établissement sont à noter : entre 2020 et 2024, les projets médicaux portés ont conduit à la création de 76 postes sur la période. L'hôpital mène également des projets d'investissement d'envergure, accompagnés par l'Etat dans le cadre du Ségur investissement, pour réhabiliter ou reconstruire des locaux en intra et en extra hospitalier (structures ambulatoires) pour être au plus près des populations. La fermeture de lits d'hospitalisation complète s'explique à la fois par la difficulté à recruter des professionnels de santé (notamment des psychiatres) et par la volonté de renforcer l'offre de soins au plus près de la population dans les secteurs concernés. Dans le cadre du déploiement de l'ambulatoire, des aménagements ont été opérés avec la création d'équipes mobiles (équipes mobiles de soins intensifs à domicile, pour adolescents, de soins somatiques, de personnes âgées psychiatriques). L'établissement est bien présent dans les quartiers nord pour répondre aux besoins des populations concernées et les dotations budgétaires de l'établissement n'ont pas été diminuées. Comme tous les établissements de psychiatrie, le CH Edouard Toulouse a rencontré de fortes tensions sur les effectifs mais la situation s'est améliorée et elle concerne désormais surtout les recrutements de médecins psychiatres (10 postes vacants soit 27 % des postes totaux). La situation pour les infirmiers et les infirmiers en pratique avancée s'améliore. Il n'y a aucun poste vacant pour les aides-soignants. La politique de ressources humaines déployée a permis de réduire fortement les tensions sur les effectifs et de garantir un accès aux soins psychiatriques adapté pour les habitants des quartiers nord de Marseille.
Données brutes (debug)
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