Soutien fiscal aux travailleurs indépendants engagés dans une activité syndicale
Auteur :
Lise Magnier
— Horizons & Indépendants
(Marne · 4ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Ministère attributaire : Ministère de l'action et des comptes publics
Rubrique : syndicats
Date de la question : 2025-07-01
Date de la réponse : 2026-05-12
(315 jours)
Texte de la question
Mme Lise Magnier appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur les difficultés rencontrées par les travailleurs indépendants, notamment les exploitants agricoles, qui s'engagent dans une activité syndicale parallèlement à leur activité professionnelle. En effet, la participation à un mandat syndical suppose une disponibilité importante (réunions, déplacements, représentation sur le territoire, etc.), ce qui implique souvent le recours à une aide à domicile pour assumer les responsabilités familiales et domestiques (garde d'enfants, entretien du foyer, etc.). Si le crédit d'impôt « emploi à domicile » constitue une aide fiscale bienvenue, il reste aujourd'hui insuffisant dans ce contexte particulier. Le taux actuel de 50 % de prise en charge des dépenses laisse un reste à charge conséquent pour ces travailleurs engagés, ce qui peut constituer un frein à l'exercice de leur mandat syndical – en particulier pour les femmes, alors même que la féminisation de la représentation syndicale constitue un enjeu important. Afin de soutenir ces personnes investies au sein de syndicats professionnels, il serait pertinent de prévoir dans le projet de loi de finances 2026 un taux majoré du crédit d'impôt pour emploi à domicile, porté à 80 % des dépenses engagées dans ce cadre, dans la limite de 7 500 euros. Ce taux majoré serait strictement réservé aux personnes exerçant une fonction de responsabilité syndicale. Elle lui demande donc s'il entend mettre en œuvre cette disposition dans le prochain budget afin de reconnaître l'engagement syndical des travailleurs indépendants, de favoriser une représentation plus inclusive et de mieux accompagner ces responsables dans la conciliation de leur vie professionnelle, familiale et syndicale.
Réponse ministérielle
Aux termes de l'article 199 sexdecies du code général des impôts, les sommes versées par un contribuable domicilié en France au titre de l'emploi direct d'un salarié ou du recours à une association, une entreprise ou un organisme agréés pour les services à la personne définis aux articles L. 7231-1 et D. 7231-1 du code du travail et rendus à la résidence du contribuable ouvrent droit, sous certaines limites et conditions, à un crédit d'impôt sur le revenu. L'avantage fiscal est égal à 50 % des dépenses effectivement supportées, retenues dans une limite annuelle de 12 000 €, majorée de 1 500 € par enfant à charge ou pour tout autre membre du foyer fiscal âgé de plus de 65 ans, sans pouvoir excéder 15 000 €. Ces limites sont portées à 15 000 € et à 18 000 € la première année d'imposition au titre de laquelle le contribuable demande à bénéficier de l'avantage fiscal. Enfin, le plafond est de 20 000 € pour les foyers dont l'un des membres remplit certaines conditions d'invalidité ou ayant à leur charge un enfant donnant droit au complément d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé. Porter le taux du crédit d'impôt de 50 % à 80 % pour les seules personnes titulaires d'un mandat syndical reviendrait à faire subventionner par l'État, dans leur quasi-totalité, les dépenses supportées par les foyers fiscaux auxquels appartiennent ces personnes, ce qui serait excessif. En outre, différencier le taux de ce crédit d'impôt en fonction de la détention ou non, par le contribuable, d'un mandat syndical ne serait pas cohérent et même inconstitutionnel au regard de l'objet de ce dispositif, qui est notamment de favoriser l'emploi dans le secteur des services à la personne et de lutter contre le travail dissimulé.
Données brutes (debug)
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