Hausse du coût de l'électricité face au développement des énergies renouvelables
Auteur :
David Magnier
— Rassemblement National
(Oise · 7ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie
Ministère attributaire : Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Rubrique : énergie et carburants
Date de la question : 2025-04-15
Date de la réponse : 2026-07-07
(448 jours)
Texte de la question
M. David Magnier attire l'attention de M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie, sur l'augmentation du coût de l'électricité lié au développement des énergies renouvelables. Un rapport de la Fondation Concorde, un think tank indépendant reconnu pour la rigueur de ses travaux économiques, alerte sur une hausse exorbitante de l'électricité de 51 % pour les ménages d'ici 2035, en raison du développement des énergies renouvelables intermittentes. Le développement de ces énergies renouvelables intermittentes induit des subventions massives, nécessite des milliards d'euros d'investissements tout en provoquant une sous-utilisation du nucléaire dont le coût unitaire augmente mécaniquement. Pire encore, le Gouvernement s'apprête à imposer par décret la feuille de route énergétique, engageant la France sur des décennies, sans débat parlementaire, sans étude d'impact sérieuse et sans transparence sur les coûts. La remise en cause de la souveraineté énergétique du pays fragilise non seulement le tissu industriel, mais entraîne également une flambée des tarifs de l'électricité pour les ménages comme pour les entreprises, dans un contexte déjà marqué par une érosion continue du pouvoir d'achat. Le groupe Rassemblement National a déposé une proposition de loi visant à débattre sur la programmation de l'énergie. Face à cette situation, M. le député appelle à l'ouverture d'un véritable débat parlementaire sur la stratégie énergétique nationale, dans une perspective démocratique et transparente. Il l'interroge également sur les mesures concrètes que le Gouvernement entend mettre en œuvre pour protéger les Français contre l'augmentation des coûts de l'énergie et préserver leur pouvoir d'achat.
Réponse ministérielle
La baisse des prix sur les marchés de gros l'électricité, en partie attribuable au développement des énergies renouvelables électriques grâce à leur faible coût marginal de production, bénéficie directement aux consommateurs sur la part fourniture de leur facture d'électricité. S'agissant de la composante réseau de la facture, la CRE anticipe une évolution maîtrisée du tarif d'utilisation des réseaux (TURPE) dans les années à venir, même en tenant compte des investissements nécessaires au déploiement des énergies renouvelables électriques1. Les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables agissent également comme un stabilisateur pour les factures des consommateurs : en cas de prix de marché très élevés, ces mécanismes représentent un revenu pour l'Etat qui peut ensuite être redistribués aux consommateurs. A titre d'illustration, les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques ont rapporté près de 4 Mds€ à l'Etat en 20232 lors de la crise énergétique, ce qui a permis de financier des instruments comme le bouclier tarifaire. Les énergies renouvelables participent donc à la protection du consommateur. La PPE 33, publiée en février 2026, prévoit plusieurs mesures de préservation du pouvoir d'achat des ménages français, notamment des aides ciblées sur les ménages précaires à travers le chèque-énergie. Par ailleurs, l'électrification massive des usages constitue un levier majeur pour protéger le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises, une électrification permise par une électricité compétitive et décarbonée. En ce sens, le plan d'électrification annoncé par le Gouvernement en avril 20264 vise à accélérer la sortie des énergies fossiles des ménages les plus précaires en priorité, ce qui se concrétise par exemple par la relance du leasing social de véhicules électriques ou bien par le fléchage des aides à la rénovation vers l'électrification. Le Gouvernement rappelle enfin que l'élaboration de la PPE 3 a fait l'objet d'un large débat public à travers des groupes de travail, d'une concertation nationale sous l'égide de la CNDP, ainsi que des consultations obligatoires et une consultation du public. La proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l'énergie, ou encore les débats au Parlement en vertu de l'article 50-1 de la Constitution des 28 avril 2025, à l'Assemblée nationale, et 6 mai 2025 au Sénat, ont chacun permis aux parlementaires de donner des orientations claires sur les principales orientations de cette PPE. 1 https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Rapports_et_etudes/2025/DemelerleVraiduFaux.pdf 2 https://www.cre.fr/documents/deliberations/evaluation-des-charges-de-service-public-de-lenergie-pour-2025-et-a-la-reevaluation-des-charges-de-service-public-de-lenergie-pour-2024.html (Annexe 3) 3 https://www.economie.gouv.fr/files/files/2026/ppe3.pdf 4 https://www.economie.gouv.fr/electrifions-la-france
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