Emission de relevés de carrière erronés n'intégrant pas les périodes de chômage
Auteur :
Mélanie Thomin
— Socialistes et apparentés
(Finistère · 6ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé du travail et de l’emploi
Ministère attributaire : Ministère du travail et des solidarités
Rubrique : chômage
Date de la question : 2025-04-15
Date de la réponse : 2026-04-28
(378 jours)
Texte de la question
Mme Mélanie Thomin attire l'attention de Mme la ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi, sur les conséquences financières et juridiques d'un imbroglio administratif entre la CARSAT et France Travail concernant la prise en compte des périodes de chômage dans les relevés de carrière. De nombreux demandeurs d'emploi se trouvent aujourd'hui confrontés à des difficultés majeures pour faire valoir leurs droits à la retraite à taux plein, du fait de l'émission par la caisses d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) de relevés de carrière erronés, n'intégrant pas les périodes de chômage. Cette omission a pour effet de fausser l'information transmise aux assurés sur leur date d'éligibilité à une retraite à taux plein, les conduisant à prolonger à tort leur inscription à France Travail. Ainsi, une personne qui aurait par exemple dû pouvoir faire valoir ses droits à la retraite au 1er juillet 2021 n'a pu en jouir qu'à compter du 1er août 2022. Si, pendant cette période, elle continue de percevoir des allocations chômage, elle se retrouve alors redevable d'un trop-perçu en application de l'article L. 5421-1 du code du travail. Ce trop-perçu étant ensuite réclamé par France Travail. Cette situation, loin d'être isolée, a été relevée par le médiateur national de France Travail dans son rapport d'avril 2024 et relayée par la presse. Les recours et les contentieux se multiplient, mais les demandeurs d'emploi se heurtent à une insécurité juridique : les demandes de remboursement de France Travail apparaissent fondées en droit, la rétroactivité du point de départ de la retraite est juridiquement impossible et la responsabilité de la CARSAT est difficile à engager dans la mesure où le relevé de carrière n'a qu'un caractère indicatif. Dans les faits, les assurés sont pris dans un véritable casse-tête administratif, chaque organisme se renvoyant la faute, tandis que les pouvoirs publics restent silencieux face à une problématique lourde de conséquences humaines et financières. Elle souhaite donc connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre pour faire la lumière sur cette défaillance administrative, assurer une juste information des assurés et réfléchir à une prise en charge des conséquences financières subies par les personnes victimes de ces erreurs.
Réponse ministérielle
L'article L. 5421-4 du code du travail impose l'arrêt de l'indemnisation chômage dès lors que l'allocataire a atteint l'âge pour prétendre à une retraite à taux plein. La date du taux plein est connue par la branche vieillesse qui transmet l'information à France Travail afin que l'indemnisation en question puisse prendre fin à la date communiquée. Des difficultés dans le circuit d'échanges d'information sont apparues récemment qui ont conduit France Travail à retenir une date erronée et à prolonger à tort la durée de paiement des prestations chômage. Des travaux ont été menés entre l'union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, France Travail et la caisse nationale d'assurance vieillesse afin de mieux prévenir la survenance des indus ainsi générés. En juillet 2024, une nouvelle convention opérationnelle a été signée entre ces trois organismes comportant des axes d'amélioration relatifs à l'information transmise aux allocataires et au développement des échanges de données entre organismes, dans l'objectif de fiabiliser la date prévisionnelle du taux plein et ainsi réduire les risques de trop-perçus. Si des progrès ont été réalisés, ils n'ont pas permis de résoudre totalement les difficultés pour les allocataires. C'est pourquoi une mission a été confiée à l'inspection générale des affaires sociales afin d'analyser en profondeur les causes de ces erreurs et de formuler des propositions pour renforcer la fiabilité des relevés de carrière et limiter les impacts de potentielles erreurs sur les droits des assurés. Les conclusions de la mission et ces éventuelles recommandations feront l'objet d'un suivi attentif de la part du gouvernement.
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