Exode des infirmiers vers la Belgique
Auteur :
Guillaume Florquin
— Rassemblement National
(Nord · 20ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : professions de santé
Date de la question : 2025-03-11
Date de la réponse : 2026-05-12
(427 jours)
Texte de la question
M. Guillaume Florquin alerte Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur l'exode des infirmiers vers la Belgique. Dans la circonscription de M. le député, frontalière avec la Belgique, un nombre croissant d'infirmiers quittent les établissements hospitaliers et les EHPAD français pour aller exercer de l'autre côté de la frontière. Attirés par une rémunération plus attractive, une meilleure reconnaissance de leur profession et des conditions de travail plus favorables, ces soignants privilégient des structures offrant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, une charge de travail plus supportable et une plus grande stabilité de l'emploi. En France, le salaire moyen annuel brut des infirmiers était de 32 397 euros en 2020, un montant inférieur de 10 % au salaire moyen national. Actuellement, dans la fonction publique hospitalière, un infirmier perçoit en début de carrière 2 102 euros brut et un maximum de 3 578 euros brut en fin de carrière. Ces rémunérations restent bien en-deçà de celles pratiquées dans des pays voisins comme la Belgique, où le salaire moyen annuel brut atteint 62 316 euros, soit près du double du niveau français. Ce différentiel salarial, conjugué à des conditions de travail jugées difficiles en France, contribue à un phénomène d'exode préoccupant vers la Belgique. Ce mouvement aggrave la pénurie de soignants sur le territoire français, mettant en tension les établissements de santé qui peinent à recruter et à fidéliser leur personnel. En conséquence, les postes vacants se multiplient, les équipes restantes sont surchargées et la qualité des soins s'en trouve affectée. Ce phénomène illustre une crise plus large de l'attractivité du métier d'infirmier en France, dans un contexte où l'OCDE souligne une baisse du nombre de jeunes souhaitant embrasser cette profession entre 2018 et 2022. Face à cette situation alarmante qui met en péril l'offre de soins sur le territoire et accentue la crise des vocations, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement envisage de prendre pour revaloriser la rémunération et les conditions de travail des infirmiers en France et quelles initiatives sont prévues pour rendre plus attractifs les établissements hospitaliers et éviter l'exode des soignants vers les pays frontaliers.
Réponse ministérielle
Le Gouvernement reconnaît pleinement l'importance centrale de la profession infirmière dans le système de santé, ainsi que l'évolution de ses missions et responsabilités, notamment avec l'élargissement des compétences. Ces évolutions répondent aux besoins croissants de notre population et aux enjeux liés à la disponibilité des professionnels de santé. Tout d'abord, le Gouvernement est investi dans la réforme du métier infirmier, annoncée en mai 2023. Une réflexion a été conduite sur les compétences et sur les actes ouverts aux infirmiers, afin de mieux répondre aux attentes des professionnels et aux besoins de la population. C'est dans ce contexte que la loi n° 2025-581 relative à la profession d'infirmier a été promulguée le 27 juin 2025. Outre la refonte de la profession et de son cadre réglementaire, cette loi prévoit explicitement l'ouverture de négociations conventionnelles pour adapter la rémunération aux nouvelles compétences, à la pénibilité du métier et à la diversité des lieux d'exercice. Il convient également de rappeler que la revalorisation de la rémunération des infirmiers a déjà fait l'objet d'avancées concrètes récentes notamment par l'attribution du complément de traitement indiciaire de 191 euros nets par mois. Dans le cadre du Ségur de la santé, l'ensemble des grilles des infirmiers de la fonction publique hospitalière a été revalorisé de manière conséquente, témoignant de la reconnaissance de leur rôle essentiel dans le système de santé. Par ailleurs, le Gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer l'attractivité de la profession infirmière, en développant l'offre de formation, en accompagnant les parcours professionnels, et en favorisant la diversification des métiers et des pratiques avancées. Ces différentes actions visent à répondre aux enjeux identifiés, tant au niveau national que dans les territoires confrontés à des situations particulières, comme les zones frontalières.
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