577 577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 4707 Réponse publiée Source officielle ↗

Dépistage du cancer du pancréas

Auteur : Guillaume Florquin — Rassemblement National (Nord · 20ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Ministère attributaire : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins
Rubrique : maladies
Date de la question : 2025-03-04
Date de la réponse : 2025-09-16 (196 jours)

Texte de la question

M. Guillaume Florquin interroge Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur le dépistage du cancer du pancréas. Le cancer du pancréas est l'un des plus redoutables. Très difficile à détecter, il est diagnostiqué à un stade métastatique dans 50 % des cas, réduisant drastiquement des chances de survie déjà faibles : seuls 20 % des patients peuvent être opérés et l'espérance de vie moyenne reste inférieure à un an. Aussi, l'incidence de cette pathologie progresse plus rapidement en France que dans de nombreux autres pays et, selon les experts, il pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d'ici 2030, avec des diagnostiques multipliés par cinq en l'espace de dix ans. Les causes de cette explosion de cas restent encore mal identifiées. Mais il est de plus en plus probable que les facteurs environnementaux ou les habitudes alimentaires jouent un rôle majeur dans l'apparition de cette maladie. En l'absence de certitudes sur les origines précises de ce cancer, l'urgence réside dans le dépistage précoce, un outil essentiel pour augmenter les chances de survie des patients. Alors que des travaux explorent le dépistage par biomarqueurs sanguins, l'imagerie médicale de pointe demeure aujourd'hui le seul moyen fiable pour détecter le cancer du pancréas à temps. Pourtant, ces technologies restent inégalement réparties sur le territoire, laissant de nombreux patients sans accès rapide à ces examens essentiels. L'implantation d'une IRM dans la circonscription de M. le député, au Centre hospitalier de Saint-Amand-les-Eaux à l'horizon 2026, constitue une avancée positive. Néanmoins, dans les zones rurales, l'offre de soins reste insuffisante et de nombreux habitants peinent encore à bénéficier de ces équipements de diagnostic pourtant cruciaux. Ainsi, il lui demande si le Gouvernement a l'intention de mettre en place un programme de dépistage précoce du cancer du pancréas à l'échelle nationale et plus largement d'accélérer l'implantation de ces équipements d'imagerie médicale de pointe nécessaires dans les territoires ruraux.

Réponse ministérielle

Le cancer du pancréas est un problème majeur de santé publique. C'est un cancer agressif, le plus souvent détecté à un stade avancé ou métastatique. Les options thérapeutiques restent malheureusement limitées et peu satisfaisantes. Le cancer du pancréas fait partie des cancers de mauvais pronostic, responsables de taux de survie à 5 ans inférieurs à 20 %. La stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 a fait des cancers de mauvais pronostic un de ses axes prioritaires. Les dernières estimations décrivent une diminution du taux d'incidence chez l'homme et une stabilité chez la femme pour la totalité des cancers en France. Cependant, chez l'homme et chez la femme, le cancer du pancréas est un de ceux dont l'incidence a le plus augmenté au cours des 30 dernières années. Le nombre de nouveaux cas de cancer du pancréas en France en 2023 est de 15 991, dont 8 323 chez les hommes et 7 668 chez les femmes. Le taux d'incidence standardisé a bien progressé entre 2010 et 2023, principalement chez les personnes de plus de 50 ans, atteignant +1,6 % par an chez les hommes et +2,1 % par an chez les femmes. Les taux d'incidence et de mortalité actuels du cancer du pancréas en France hexagonale sont similaires à ceux de l'Europe de l'Ouest, avec un taux d'incidence standardisé sur l'âge de 9,4 en France et de 8,83 en moyenne en Europe de l'Ouest. Le cancer du pancréas est par ailleurs un de ceux dont le pronostic est le plus sombre, avec une survie nette standardisée à cinq ans de 11 % pour les diagnostics de 2015 (10 % chez l'homme et 13 % chez la femme), le pronostic ne s'étant amélioré que de 7 % depuis 1990. Le taux de mortalité augmente de 0,6 % par an chez l'homme depuis 2011 mais baisse chez la femme de 2,9 % sur la même période. Comme pour la plupart des cancers, l'âge est un des facteurs de risque majeurs du cancer du pancréas. Pourtant, le vieillissement de la population n'explique pas totalement cette augmentation de son incidence. Le tabagisme serait à l'origine d'environ un cas sur cinq et participerait, de même que l'obésité et le diabète qui sont également d'autres facteurs de risque connus, à un doublement du risque par rapport à la population générale. Mais surtout, ce sont environ 10 % des cancers du pancréas qui surviennent chez des personnes ayant des antécédents familiaux de cancer du pancréas, ou porteuse de certaines formes de pancréatites chroniques ou encore de syndromes génétiques héréditaires à haut risque. Aujourd'hui, aucune étude n'ayant démontré son bénéfice, le dépistage du cancer du pancréas n'est actuellement recommandé, ni en population générale, ni pour les facteurs de risque modéré comme le tabagisme, l'obésité et le diabète. Cependant, en permettant la détection de stades précoces, le dépistage pourrait améliorer le pronostic des personnes à risque aggravé. Même s'il n'existe pas à ce jour de programme de dépistage organisé, l'Institut national du cancer recommande d'ores et déjà le dépistage du cancer du pancréas aux personnes à risque aggravé, à partir de 40 ou 50 ans en fonction du niveau de risque. En l'absence d'anomalie constatée après le premier examen, le dépistage est annuel et consiste en une alternance d'imagerie par résonance magnétique et d'écho-endoscopie. La fréquence peut être portée à tous les six mois, en cas d'anomalies. Par ailleurs, un conseil génétique est recommandé pour toute personne non malade, issue au premier degré d'une famille de cancers pancréatiques familiaux.  A ce jour, il n'existe aucune donnée sur les écarts entre les pratiques et ces recommandations de dépistage ciblé chez les personnes à haut risque. C'est un préalable, avant d'envisager le déploiement de programmes de dépistage pilotes ou structurés, qui ne s'adressent qu'à une petite frange de la population. L'évolution de la demande est donc peu en mesure d'impacter les équipements radiologiques ou endoscopiques actuels. Les recherches sur l'efficacité et l'impact de nouvelles approches de ce dépistage des cancers pancréatiques, de biomarqueurs notamment, devront être poursuivies.
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