577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 19191 Sans réponse Source officielle ↗

Impact sur la forêt des projets E-CHO et NACRE

Auteur : Sylvie Ferrer — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Hautes-Pyrénées · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Ministère attributaire : Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Rubrique : bois et forêts
Date de la question : 2026-10-27
Date de la réponse : —

Texte de la question

Mme Sylvie Ferrer alerte Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les projets E-CHO et NACRE devant s'installer sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques pour élaborer des biocarburants aériens, routiers et maritimes à partir principalement de biomasse forestière. Ces projets représentent une totale hérésie environnementale dans un contexte de fragilisation croissante des forêts. Ils consommeront à eux deux plus de trois millions d'arbres par an tandis que le réchauffement climatique a fait s'effondrer la croissance des arbres de plus 54 % sur dix ans et augmenter leur mortalité de 125 % ! L'ONF a elle-même constaté une baisse de rendement de la production de bois et indique ne pas être en mesure de l'augmenter du fait de la forte transformation des forêts qui seront moins denses et avec un capital sur pied beaucoup plus faible. Ajouté à cela, les incendies s'intensifient et ont occasionné la perte de 100 000 hectares de forêt au cours de l'été 2026 ! Contre toute attente, une autorisation environnementale a pourtant été délivrée par la préfecture et ce, alors même que l'étude d'impact fournie par les industriels ne répond pas aux exigences attendues et un recours a d'ailleurs été déposé par le collectif Forêts vivantes : « Les massifs forestiers locaux ou régionaux concernés par cet approvisionnement ne sont pas précisés, les quantités utilisées, les essences de bois concernées, les natures de coupe réalisées ainsi que les impacts sur ces massifs en matière de paysage, d'incidences sur les milieux naturels et les équilibres biologiques ». Par ailleurs, cette étude d'impact s'est concentrée sur une aire de 3 kilomètres autour du site d'implantation de l'usine, négligeant les conséquences des récoltes sur la zone d'approvisionnement prévue jusqu'à 200 kilomètres autour. Mme la députée interroge donc Mme la ministre sur les conditions d'attribution de l'autorisation environnementale suite au dépôt d'une telle étude d'impact se révélant lacunaire et incomplète pour évaluer les conséquences sur la zone ciblée. Ces deux projets représentent une ineptie autant pour l'aspect environnemental que pour les objectifs poursuivis : les carburants durables ainsi produits, notamment du e-kérosène pour l'aviation, du méthanol, bio-éthanol et biométhane, ne totaliseront pas plus de 1 % seulement des besoins de l'aviation française, seulement 0,08 % des besoins français actuels en carburant routier ainsi que 0,022 % de la consommation française de gaz. La transition écologique ne peut pas se résumer à remplacer un carburant par un autre tout en poursuivant la croissance du trafic aérien et routier. Enfin, ces projets entrent en concurrence avec les entreprises nationales œuvrant dans la construction, les emballages, le papier, l'isolation et le chauffage prélevant déjà une forte proportion de la ressource. La Fédération des industries du bois de Nouvelle-Aquitaine alerte sur la disparition probable d'entreprises. La société Fibre Excellence est ainsi menacée de fermeture suite notamment à un surenchérissement du prix de bois du fait de la hausse de la demande. Elle l'interroge donc sur la pertinence des projets E-CHO et NACRE au regard de la vulnérabilité de la ressource en bois, d'une part, et, d'autre part, au regard de l'équilibre économique du secteur bois dans les territoires.

Réponse ministérielle

Aucune réponse ministérielle publiée à ce jour.

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Contre toute attente, une autorisation environnementale a pourtant été délivrée par la préfecture et ce, alors même que l'étude d'impact fournie par les industriels ne répond pas aux exigences attendues et un recours a d'ailleurs été déposé par le collectif Forêts vivantes : « Les massifs forestiers locaux ou régionaux concernés par cet approvisionnement ne sont pas précisés, les quantités utilisées, les essences de bois concernées, les natures de coupe réalisées ainsi que les impacts sur ces massifs en matière de paysage, d'incidences sur les milieux naturels et les équilibres biologiques ». Par ailleurs, cette étude d'impact s'est concentrée sur une aire de 3 kilomètres autour du site d'implantation de l'usine, négligeant les conséquences des récoltes sur la zone d'approvisionnement prévue jusqu'à 200 kilomètres autour. Mme la députée interroge donc Mme la ministre sur les conditions d'attribution de l'autorisation environnementale suite au dépôt d'une telle étude d'impact se révélant lacunaire et incomplète pour évaluer les conséquences sur la zone ciblée. Ces deux projets représentent une ineptie autant pour l'aspect environnemental que pour les objectifs poursuivis : les carburants durables ainsi produits, notamment du e-kérosène pour l'aviation, du méthanol, bio-éthanol et biométhane, ne totaliseront pas plus de 1 % seulement des besoins de l'aviation française, seulement 0,08 % des besoins français actuels en carburant routier ainsi que 0,022 % de la consommation française de gaz. La transition écologique ne peut pas se résumer à remplacer un carburant par un autre tout en poursuivant la croissance du trafic aérien et routier. 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