Réinsertion scolaire après décrochage : pour un accompagnement renforcé
Auteur :
Anaïs Sabatini
— Rassemblement National
(Pyrénées-Orientales · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale
Ministère attributaire : Ministère de l’éducation nationale
Rubrique : enseignement
Date de la question : 2026-07-07
Date de la réponse : 2026-11-03
(119 jours)
Texte de la question
Mme Anaïs Sabatini interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur les difficultés que rencontrent de nombreux élèves pour réintégrer durablement un cursus scolaire ordinaire après une période de décrochage ou d'absentéisme prolongé. Chaque année, plus de 75 000 élèves s'éloignent progressivement de l'institution scolaire pour des raisons personnelles, familiales, sociales, psychologiques ou pédagogiques. Des dispositifs existent pour repérer et accompagner ces situations, mais le retour effectif des élèves concernés dans un parcours ordinaire demeure souvent fragile. Après plusieurs semaines, voire plusieurs mois d'absence, beaucoup se heurtent à un retard important dans les apprentissages, à une perte de confiance et à un sentiment de décalage avec leur classe, parfois aggravé par une forme de stigmatisation qui complique leur réinsertion. Faute d'un accompagnement suffisamment individualisé au moment du retour en établissement, cette situation peut entraîner de nouveaux épisodes d'absentéisme, voire une rupture durable avec l'école. Les équipes éducatives, déjà fortement sollicitées, manquent souvent de moyens, de temps et d'outils adaptés pour organiser une reprise progressive, assurer un rattrapage pédagogique efficace et restaurer le lien entre l'élève, sa famille et l'institution. Il apparaît dès lors nécessaire de renforcer les dispositifs spécifiquement consacrés à la réinsertion de ces élèves. Cela pourrait passer par des parcours de retour progressif en classe, des modules de remise à niveau, un tutorat individualisé, un accompagnement psychologique renforcé et une meilleure coordination entre les établissements, les familles, les missions de lutte contre le décrochage scolaire et les acteurs sociaux et associatifs concernés. Elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour faciliter la réintégration durable des élèves en difficulté après une telle période et s'il envisage de créer des dispositifs nationaux dédiés à leur accompagnement pédagogique, éducatif et psychologique lors de leur retour en établissement.
Réponse ministérielle
La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité du ministère de l'éducation nationale, qui s'attache à prévenir les ruptures de parcours et à favoriser le retour en classe des élèves ayant connu un absentéisme prolongé. Souvent fragilisés par l'éloignement du collectif, le retard accumulé et la perte de confiance, ces jeunes doivent bénéficier d'une approche pédagogique et bienveillante pour éviter que leur éloignement ne devienne une rupture durable. Les établissements sont encouragés à organiser un accueil progressif et sécurisé, appuyé sur des parcours individualisés. Un personnel référent assure la continuité du suivi, coordonne les équipes et adapte les modalités de reprise aux besoins de l'élève. Les groupes de prévention du décrochage scolaire (GPDS), en lien avec les acteurs territoriaux, structurent un accompagnement pédagogique, éducatif, social et, si nécessaire, médico-psychologique. Lorsque la rupture est effective, les plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD) coordonnent les acteurs pour proposer une solution à chaque jeune, les réseaux Formation qualification emploi (Foquale) mobilisant les solutions de retour en formation relevant de l'institution scolaire. Cette action est renforcée par la mesure 11 du plan Emploi futur, lancé en mai 2026, qui vise à prévenir le décrochage, à rendre plus effective l'obligation de formation et à mieux suivre les résultats obtenus. Sa traduction opérationnelle sera une nouvelle feuille de route interministérielle, élaborée avec les régions, les départements et les acteurs de l'insertion et de la formation, qui renforcera la prévention, le repérage, le suivi et l'offre de solutions. Depuis septembre 2026, une application dédiée est déployée dans l'ensemble des établissements pour repérer et traiter dès les premiers signes les situations d'élèves à risque. Parallèlement, le système d'information communautaire au fil de l'eau (SICOM) est progressivement déployé afin d'améliorer le repérage et le suivi des jeunes décrocheurs ou relevant de l'obligation de formation, et de renforcer la réactivité et la coordination des acteurs.
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