Dissuasion nucléaire
Auteur :
Michel Criaud
— Horizons & Indépendants
(Morbihan · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère des armées et des anciens combattants
Ministère attributaire : Ministère des armées et des anciens combattants
Rubrique : défense
Date de la question : 2026-03-24
Date de la réponse : 2026-05-12
(49 jours)
Texte de la question
M. Michel Criaud appelle l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur la dissuasion nucléaire française et ses investissements. La France est aujourd'hui la seule puissance dotée de la dissuasion nucléaire au sein de l'Union européenne. Cette dissuasion, outil de souveraineté nationale, assure la protection des « intérêts vitaux » de la France depuis 1964, dans les airs et sous la mer. En 2025, la France a consacré près de 7 milliards d'euros à sa dissuasion nucléaire, soit environ 13 % du budget de la défense et 0,2 % du PIB. Dans un discours prononcé le 2 mars 2026 sur l'Île Longue, le Président de la République a confirmé l'évolution de la dissuasion nucléaire française et annoncé l'augmentation et la modernisation de l'arsenal français et l'instauration d'une « dissuasion avancée ». Il a rappelé que les intérêts vitaux de la France comportent une dimension européenne et que cette dissuasion avancée s'inscrit dans une démarche progressive, permettant notamment aux partenaires européens de participer aux exercices de la dissuasion. Elle s'inscrit également dans une logique « d'épaulement stratégique » des forces nucléaires par des capacités conventionnelles renforcées à l'échelle européenne. Le bénéfice sera donc mutuel pour la France et ses partenaires européens. Pour disposer de cette dissuasion, la France a depuis des décennies engagé un effort financier, scientifique et technologique constant. Ces investissements français conséquents nous permettent de disposer d'une dissuasion nucléaire efficace qui protège la Nation mais également les autres États membres de l'Union européenne. Dans ce contexte de dissuasion avancée, il souhaiterait savoir comment le Gouvernement entend valoriser cette force auprès des autres États européens et si ces investissements français, protecteurs pour l'ensemble des européens pourrait être valorisés, par exemple avec une prise en compte dans les 3 % de déficit public de la France.
Réponse ministérielle
Le financement de la dissuasion nucléaire française est et restera exclusivement français. Il s'agit d'une condition d'autonomie et d'indépendance, qui doit continuer à reposer exclusivement sur des ressources nationales. En 2026, la dissuasion dans sa globalité représentera un total de 7,4 milliards d'euros de crédits de paiement (6,1 milliards d'euros pour le programme 146), incluant notamment la modernisation des composantes océanique et aérienne (programme SNLE 3G, missile M51.4, programme ASN4G), ainsi que l'adaptation de l'arsenal. Cet accroissement de l'arsenal s'effectue à un coût maîtrisé dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) en cours. La part de la dissuasion dans la mission Défense est d'ailleurs relativement stable sur la durée de la LPM et l'accroissement de l'arsenal ne remettra pas en cause cet équilibre. Néanmoins, la sécurité du continent européen est l'affaire de tous. La France a un rôle propre à jouer en tant qu'État doté, qui demeure pleinement indépendant. Ce rôle doit s'articuler avec les investissements menés par les partenaires européens dans le domaine conventionnel, afin que la sécurité de tous soit renforcée. C'est pourquoi le Président de la République a appelé, dans son discours du 2 mars 2026 dans la base navale de l'Ile Longue, à la mise en place d'un épaulement stratégique à l'échelle européenne, au service de la sécurité collective. Il s'agit d'éviter tout contournement par le bas de la dissuasion et de se doter de moyens conventionnels de gestion d'une escalade sur le continent. À cet effet, trois domaines faisant l'objet de certaines dépendances doivent être développés collectivement : l'alerte avancée, la défense aérienne élargie et la frappe dans la profondeur. C'est bien le sens des initiatives nationales dans chacun de ces domaines : l'initiative JEWEL de capacité européenne d'alerte avancée, le développement de nouveaux effecteurs en complément du SAMPT/NG et l'approche européenne sur les frappes de longue portée ELSA.
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