SNANC 2025-2030 : impact sur l'élevage et les traditions
Auteur :
Pascal Markowsky
— Rassemblement National
(Charente-Maritime · 4ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Ministère attributaire : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Rubrique : élevage
Date de la question : 2026-02-17
Date de la réponse : 2026-04-28
(70 jours)
Texte de la question
M. Pascal Markowsky alerte Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les conséquences des orientations retenues dans la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030. Ce document prévoit explicitement une « limitation de la consommation de viande et de charcuterie » dans l'alimentation des Français, au nom d'objectifs sanitaires et climatiques. Derrière une formulation technocratique, il s'agit bien d'une stratégie de transformation des régimes alimentaires des Français. La France est pourtant une nation d'éleveurs, de bouchers, de charcutiers, de terroirs et de savoir-faire transmis depuis des générations. La viande et la charcuterie ne sont pas de simples produits de consommation : elles font partie intégrante du patrimoine gastronomique, de l'identité culturelle de la France et de l'équilibre économique des territoires ruraux. Dans de nombreuses régions, l'élevage structure les paysages, entretient les prairies, fait vivre les exploitations familiales et maintient l'emploi local. Alors que les éleveurs français subissent déjà la pression des importations, l'explosion des charges, la surtransposition normative et une concurrence internationale souvent déloyale, le signal envoyé par l'État est particulièrement préoccupant. Au-delà de l'impact économique, se pose également une question de principe. La définition de ce que doivent manger les Français ne peut relever d'une planification administrative. La liberté de choix alimentaire, dans le respect des recommandations de santé publique, ne saurait être remplacée par une orientation idéologique visant à transformer en profondeur les habitudes culturelles du pays. Il lui demande si le Gouvernement assume une trajectoire de baisse globale de la consommation de viande en France ou s'il entend, au contraire, soutenir prioritairement les productions françaises afin de réduire les importations sans fragiliser les filières. Il souhaite connaître les études d'impact économiques réalisées pour les filières bovine, porcine et ovine avant l'adoption de ces orientations, notamment en matière d'emploi et de revenus agricoles. Enfin, il lui demande quelles garanties concrètes seront apportées pour que cette stratégie ne se traduise pas par un affaiblissement supplémentaire de l'élevage français et qu'aucune mesure contraignante ne vienne limiter la liberté de choix alimentaire des Français.
Réponse ministérielle
Les objectifs de la stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), publiée le 11 février 2026, sont notamment basés sur les recommandations nutritionnelles du programme national nutrition santé (PNNS). Les repères alimentaires élaborés dans ce cadre sont issus de l'expertise indépendante de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), du Haut conseil de la santé publique, et de santé publique France. Ces recommandations, publiées pour le grand public sur « manger-bouger.fr » en 2019, visent notamment à limiter la surconsommation de viande hors volaille à 500 grammes par semaine. Ce seuil a été déterminé dans l'avis « Actualisation des repères du PNNS : étude des relations entre consommation de groupes d'aliments et risque de maladies chroniques non transmissibles », publié par l'Anses en novembre 2016. Les recommandations ne visent donc pas une baisse globale de la consommation de viande pour la population, mais uniquement une limitation pour les plus gros consommateurs. Il convient de souligner que les enjeux de souveraineté alimentaire sont bien intégrés dans la SNANC. Cette dernière précise qu'il convient de limiter en particulier la viande et la charcuterie importées. La SNANC prévoit également la promotion de la viande « durable et de qualité », c'est-à-dire bénéficiant de labels publics de qualité ou de durabilité, au bénéfice de la souveraineté alimentaire. La loi « Climat et Résilience » a prévu un objectif spécifique de 60 % de viandes et poissons durables et de qualité en restauration collective, objectif porté à 100 % dans les restaurants de l'État et ses établissements publics. Des travaux sont en cours dans le cadre du conseil national de la restauration collective pour mobiliser la catégorie « produits dont l'acquisition a été fondée, principalement, sur les performances en matière de protection de l'environnement et de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, dans le respect des règles du code de la commande publique ». En particulier, il s'agit d'identifier des caractéristiques de performance environnementale spécifiques des filières nationales carnées permettant de cibler les achats publics sur ces filières, dans le respect du droit de la commande publique. Par ailleurs, l'article 4 du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles précise que les restaurants de l'État et des établissements publics devront se fournir uniquement en produits issus de l'Union européenne.
Données brutes (debug)
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