577députés 17ᵉ législature

amendement seance En traitement

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 5

Auteur : Shéhérazade Bentorki — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Nord · 8ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2026
Article : ARTICLE 5
Date de dépôt : 2026-11-06
Date de sort : —

Dispositif

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Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe LFI propose de répondre immédiatement aux légitimes revendications sociales par le lancement d’un plan de recrutement d’urgence de psychologues de l’Éducation nationale (psyEN), afin de garantir un psychologue pour 500 élèves. 

Il s’agit de l’une des mesures d’urgence de la plateforme de revendications signée par l’Union syndicale lycéenne, Solidaires étudiant·es, l’UNEF et la FAGE dans le cadre de la mobilisation lycéenne et étudiante, qui s’inscrit pleinement dans le programme de La France insoumise. 

Officiellement créés en février 2017 par la fusion de professions préexistantes, les psyEN sont indispensables à l’accompagnement des élèves dans leur scolarité et leur épanouissement à l’école. Ils étudient la situation des enfants et des adolescents dont ils ont la charge, ils conduisent des entretiens permettant l’analyse des besoins des élèves et réalisent les bilans psychologiques appropriés, ils élaborent et construisent des modalités de suivi psychologique adaptées et contribuent à la conception de réponses pédagogiques, ils promeuvent les initiatives en matière de prévention des phénomènes de violence, de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité. Ensuite, selon leur spécialité, ils peuvent soit contribuer davantage à l’acquisition des apprentissages fondamentaux par les élèves (spécialité « éducation, développement et apprentissages » ou EDA, qui s’exerce dans le premier degré), soit à l’élaboration progressive des projets d’orientation et de formation des élèves (spécialité « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » ou EDO, qui s’exerce auprès des collégiens, des lycéens et des étudiants). 

Or, comme le rappellent les conclusions de la mission flash « sur le rôle de la médecine scolaire dans la lutte contre le harcèlement scolaire » (29/05/24), le déficit de personnels est frappant : on compte seulement environ un psychologue pour 1 500 élèves et un infirmier pour 1 300 élèves. Ce résultat est le fruit d’une baisse continue des effectifs dans ces différents métiers : à titre d’illustration, selon le rapport sur la médecine scolaire et la santé à l’école publié le 11 mai 2023 par l’Assemblée nationale, les effectifs de psyEN sont passés de 7 566 en 2017 à 7 048 en 2021. Et lorsqu’on regarde les taux de couverture des postes proposés aux concours de l’Éducation nationale, les chiffres sont effarants : le « Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2025‑2026 » nous apprend que lors de la dernière session, alors que 272 postes étaient ouverts, seuls 210 postes ont été au final pourvus, soit un taux de couverture de seulement 77,2 %. Les lycéennes et lycéens subissent par conséquent au quotidien les conséquences de ce manque de psyEN et demandent à ce que cette situation cesse. 

Ce manque pèse tout particulièrement sur le soutien à l’orientation des élèves, sujet d’autant plus important qu’il est aujourd’hui au cœur des revendications, en lien notamment avec Parcoursup, qui génère un stress particulièrement important pour les élèves concernés. Lors de la présentation des conclusions de la mission flash sur « l’évaluation de l’accompagnement des élèves à la découverte des métiers et à l’orientation » le 8 juillet 2025 en commission des affaires culturelles et de l’éducation, ses auteurs reconnaissaient que « de nombreux travaux mettent en lumière les insuffisances de l’accompagnement des élèves, et la persistance des inégalités de capacité de traitement des informations par les familles. Car l’orientation est un processus complexe tant en raison de la pluralité d’acteurs impliqués, publics mais également privés, que de la masse d’informations disponibles pour les jeunes et leurs parents. L’orientation n’est pas non plus une évidence pour les premiers acteurs de l’orientation et de la découverte des métiers que sont les équipes pédagogiques : les enseignants, notamment les professeurs principaux, les [psychologues de l’Éducation nationale] (psyEN), et à un degré moindre les conseillers principaux d’éducation et les professeurs-documentalistes. » 

Les défaillances du soutien public à l’orientation ouvrent la voie à un nouveau marché privé de l’accompagnement, avec l’émergence de véritables « coachs » scolaires qui promettent aux familles qui en ont les moyens de les accompagner au mieux face au labyrinthe de l’orientation, et notamment de Parcoursup, qui est un véritable outil de tri social et scolaire et se trouve au cœur des revendications des lycéennes et lycéens actuellement mobilisés partout en France tant il génère du stress pour ces derniers (et que nous abrogerons dès notre arrivée au pouvoir). Dans ce contexte, le renforcement des effectifs de psyEN est une première mesure de justice sociale face aux inégalités liées à l’orientation, afin de permettre à toutes et tous de bénéficier d’un accompagnement de qualité. Cet amendement propose donc un plan de recrutement d’urgence de psyEN pour réduire le ratio à 1 psyEN pour 500 élèves. 

Conscient de l’importance de l’enjeu, cette mesure figurera parmi les priorités en matière de politique éducative du candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors de son arrivée au pouvoir en mai 2027. 

Nous avons estimé son coût à 448 350 000 € pour l’année 2027 et donc à un douzième de ce montant pour ce qu’il reste de 2026.

Dans le détail, cet amendement prévoit de créer un nouveau programme intitulé « Plan de recrutement d’urgence de psychologues de l’Education nationale pour atteindre le ratio d’1 psychologue pour 500 élèves » abondé à hauteur de 38 millions d’euros de titre 2 en AE et CP. A des fins de recevabilité, il annule 38 millions d’euros de titre 2 en AE et CP du programme 139 « Enseignement privé du premier et du second degrés » 

Notre intention n’est pas de ponctionner le programme 139 et nous demandons au Gouvernement de lever ce gage.