Amendement (sans numéro) — ARTICLE 2
Dispositif
Après l’alinéa 3, insérer l’alinéa suivant :
« Le temps consacré par le proche aidant à une formation par des professionnels à laquelle il peut prétendre n’est pas décompté de la durée du congé de proche aidant définie au deuxième alinéa du présent article. »
Exposé sommaire
Par cet amendement, le groupe parlementaire de La France Insoumise reconnaît aux proches aidants le droit d’être formés par des professionnels, sur un temps dédié qui ne vient pas amputer leur congé de proche aidant.
La hausse du nombre de proches aidants est la conséquence directe de l’abandon des personnes en perte d’autonomie par le Gouvernement. Celui-ci a assumé le virage domiciliaire sans jamais organiser la prise en charge professionnelle qui devait l’accompagner. La Cour des comptes le rappelle : « le domicile n’est viable et sécurisant qu’à la condition qu’il soit possible d’en sortir ou d’y faire entrer un tiers ». Or, c’est précisément ce tiers qui fait défaut : le secteur de l’aide à domicile est exsangue, et la dégradation des conditions de travail se traduit par des refus de prise en charge et des plans d’aide réalisés en partie seulement.
Dans ce contexte, ce sont aux proches d’assurer le travail gratuitement sans y être formés. D’après une publication récente de la Caisse des dépôts, cette aide informelle représente environ les trois quarts du temps d’aide dont bénéficient les personnes âgées dépendantes à domicile, estimée à 24 milliards euros par an si ces heures étaient valorisées au tarif de l’aide professionnelle.
L’enquête « Aidants-soignants » de la Macif abonde cet argumentaire puisque 91 % des aidants assurent au moins une mission de soignant, dont 56 % y sont régulièrement contraints. Il leur revient de gérer les soins d’urgence en cas de chutes ou de douleurs fortes, d’organiser les piluliers, d’administrer les médicaments, de faire des soins d’hygiène, de faire des pansements simples, de prodiguer des soins de kinésithérapie et de rééducation et de faire de la prévention et des soins d’escarres. En conséquence, 67 % des aidants sont ou se sentent aidants-soignants et 72 % d’entre eux estiment que ces missions ont rendu leur rôle plus difficile, et particulièrement ceux qui assurent les soins les plus médicaux.
Face à cette charge de travail, 59 % des aidants-soignants ressentent le besoin d’être formés sur les soins qu’ils apportent à leur proche alors qu’environ un tiers des professionnels pâtit d’un manque de temps pour accompagner les aidants.
Ce manque de formation se traduit souvent par une prise en charge inappropriée qui expose la personne aidée à des situations de maltraitance.
Dans l’attente de la victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et de la reconnaissance d’un droit effectif à la formation des aidants par des professionnels, cet amendement garantit à tous les proches aidants un congé de même durée, afin que l’accès à une formation professionnelle ne se fasse pas au détriment de ceux qui y recourent.